Dans le nord-est de la Corée du Sud, le massif de Seoraksan entre actuellement dans l’une de ses plus belles périodes de l’année. Les premières couleurs d’automne sont apparues le 28 septembre 2026 sur les hauteurs du massif, soit quatre jours plus tôt que l’an dernier et exactement dans la moyenne habituelle. Le phénomène commence par les sommets avant de descendre progressivement vers les vallées, transformant peu à peu les forêts en une succession de rouges, d’oranges et de jaunes.

Dominé par le Daecheongbong, qui culmine à 1 708 mètres, Seoraksan constitue l’un des paysages montagneux les plus spectaculaires de la péninsule coréenne. Le parc national, créé en 1970, s’étend sur près de 400 km² entre les territoires de Sokcho, Inje, Goseong et Yangyang. Il se divise traditionnellement en plusieurs secteurs : Oeseorak à l’est, tourné vers Sokcho et la mer de l’Est, et Naeseorak à l’ouest, plus profond et marqué par ses vallées et ses cours d’eau.

Mais derrière ses falaises, ses aiguilles rocheuses et ses vallées encaissées se cache une histoire géologique particulièrement ancienne. Seoraksan est constitué de roches magmatiques et métamorphiques appartenant à plusieurs périodes géologiques. Le massif associe notamment des roches très anciennes à des granites jurassiques âgés d’environ 170 à 190 millions d’années, ainsi qu’à des granites crétacés d’environ 88 millions d’années. Leur résistance différente à l’érosion a progressivement contribué à façonner le relief extrêmement découpé que l’on observe aujourd’hui.

Cette histoire explique l’aspect très particulier de Seoraksan : de longues crêtes rocheuses, des parois abruptes, des gorges étroites, des blocs de granite monumentaux et de nombreuses cascades. L’érosion provoquée par l’eau, les variations climatiques et les mouvements de terrain continue d’ailleurs à modifier lentement le massif. Certaines vallées présentent ainsi des canyons, des vasques naturelles et des chutes d’eau creusés directement dans la roche.

Parmi les formations les plus emblématiques figure Ulsanbawi, immense ensemble de parois granitiques dressées comme une forteresse naturelle. Plus loin, les vallées de Cheonbuldong et d’Osaek offrent un autre visage du massif, où les torrents se faufilent entre les rochers et les forêts. La vallée de Jujeongol, notamment, est réputée pour ses érables et ses formations rocheuses, qui prennent une dimension spectaculaire lorsque les feuillages changent de couleur.

L’automne accentue encore les contrastes du paysage. Les feuillages rouges et orangés des érables se mêlent aux jaunes des autres feuillus, tandis que les pins conservent leur vert et que les grandes parois granitiques restent claires. Comme les températures diminuent d’abord en altitude, les couleurs apparaissent sur les sommets avant de gagner progressivement les parties basses du parc.

Cette progression est déjà bien engagée cette année. Selon les critères météorologiques coréens, le « premier feuillage » est constaté lorsque environ 20 % de la végétation, observée depuis les sommets vers le bas, a changé de couleur. Le pic est atteint lorsque cette proportion approche 80 %. La période de pleine coloration est généralement attendue autour de la mi-octobre à Seoraksan, même si elle varie selon l’altitude et les conditions météorologiques.
Au-delà de son attrait paysager, Seoraksan possède une importance écologique majeure. La montagne abrite une grande diversité de végétation et d’espèces animales, avec notamment des forêts tempérées et des espèces adaptées aux conditions plus rigoureuses des hauteurs. En 1982, l’ensemble du massif a été intégré au réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO, reconnaissant ainsi sa valeur écologique et scientifique.
À l’automne, Seoraksan révèle donc une combinaison rare : un relief sculpté pendant des millions d’années, des falaises de granite spectaculaires et une forêt qui se transforme progressivement en une immense palette de couleurs. C’est cette rencontre entre géologie et végétation qui donne au massif son caractère si particulier et fait de chaque semaine d’octobre un nouveau visage du paysage coréen.
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