Du 6 au 15 octobre, le 31e Festival international du film de Busan confirme une nouvelle fois son rôle de rendez-vous majeur pour le cinéma et les séries asiatiques. Parmi les acteurs les plus visibles de cette édition 2026, Netflix occupe une place de choix avec cinq productions présentées dans plusieurs sections du festival, mais aussi avec Creative Asia, un important programme consacré à la création et aux nouveaux talents. Une présence d’autant plus symbolique que Netflix Korea fête cette année ses dix ans.
Cinq productions, cinq univers
Netflix arrive à Busan avec une sélection particulièrement éclectique. Dans la prestigieuse section Icons, consacrée aux œuvres de grands cinéastes contemporains, le public découvrira Possible Love, le nouveau film de Lee Chang-dong, son premier long métrage depuis huit ans. Porté par Jeon Do-yeon, Sul Kyung-gu, Zo In-sung et Cho Yeo-jeong, le film s’intéresse à deux couples qui se retrouvent confrontés à leurs différences, à leurs désirs et aux zones plus secrètes de leurs existences lorsqu’ils se rencontrent autour d’un projet documentaire. Très attendu à l’international, Possible Love a notamment été présenté à Venise, Toronto et New York et représente la Corée du Sud dans la course à l’Oscar du meilleur film international.
Toujours dans Icons, Netflix présente également Ray Gunn, film d’animation américain réalisé par Brad Bird, à qui l’on doit notamment Les Indestructibles et Ratatouille. Dans un futur alternatif inspiré de l’esthétique de 1939, le détective privé Raymond Gunn se retrouve entraîné dans une enquête mêlant meurtre, extraterrestres et vedette internationale. Sam Rockwell et Scarlett Johansson prêtent leurs voix aux deux personnages principaux.
La section On Screen, consacrée aux séries qui témoignent de l’élargissement du territoire du cinéma, accueille quant à elle deux productions coréennes Netflix particulièrement attendues : Dead-End Job et The Blue Road.
Dead-End Job, réalisé par Kim Da-min, imagine une étrange agence d’intérim proposant des emplois rémunérés jusqu’à cinquante fois le salaire habituel. Hyeok-jun accepte ces missions particulièrement lucratives avant de découvrir que chaque nouveau poste peut cacher une situation cauchemardesque. Entre horreur, mystère et satire du monde du travail, la série réunit Lee Jae-wook, Ko Min-si, Kim Min-ha et Lee Hee-jun.
Avec The Blue Road, Han Jun-hee, réalisateur notamment de D.P., propose un thriller policier international. Deux enquêteurs, l’un coréen et l’autre japonais, unissent leurs forces pour résoudre une série de meurtres particulièrement macabres commis de part et d’autre de la frontière. Son Suk-ku et Eita Nagayama incarnent ce duo improbable, au cœur d’une enquête qui repose autant sur le mystère criminel que sur la relation entre les deux hommes.
Des rencontres avec les équipes
La présence de Netflix ne se limite pas aux projections. Plusieurs de ses productions bénéficient également de rencontres publiques avec leurs équipes. Le 7 octobre, le réalisateur Lee Chang-dong et les quatre acteurs principaux de Possible Love — Jeon Do-yeon, Sul Kyung-gu, Zo In-sung et Cho Yeo-jeong — participeront à un Open Talk au Busan Cinema Center.
Le 8 octobre, ce sera au tour de Dead-End Job d’être au centre d’une rencontre avec sa réalisatrice Kim Da-min, son créateur Han Jun-hee ainsi que Kim Min-ha et Choi Hyun-wook. Le lendemain, Han Jun-hee retrouvera le public avec Son Suk-ku, Eita Nagayama et Kim Shin-rok pour évoquer The Blue Road.
Creative Asia : Netflix mise sur les talents de demain
Mais le véritable temps fort de la présence de Netflix à Busan sera sans doute Creative Asia, organisé le 10 octobre au Dongseo University Centum Campus. Pour sa troisième édition, le programme prend une ampleur nouvelle et associe Netflix, le BIFF, l’Asian Film Commissions Network et la Motion Picture Association. L’objectif est clairement affiché : accompagner les nouvelles générations de créateurs asiatiques et favoriser les échanges entre professionnels.

Cette édition proposera trois masterclasses. La première s’intéressera au rapport entre lieux de tournage et narration, avec notamment Lauren Cooper, Reiko Kunieda et Sung Q Lee de Netflix. Han Jun-hee partagera ensuite son expérience de réalisateur et sa manière de transformer des sujets inattendus ou difficiles en récits capables de toucher un large public. Enfin, le directeur de la photographie Kim Ji-yong reviendra sur son travail avec Lee Chang-dong pour construire l’univers visuel de Possible Love, notamment son choix de privilégier la lumière naturelle.
Les débats professionnels aborderont également les nouvelles voix du cinéma coréen et l’avenir des productions à petit et moyen budget. Mais c’est surtout la question de l’intelligence artificielle qui devrait susciter l’intérêt : le panel « AI in Filmmaking: New Tools, New Possibilities » réunira notamment Sung Q Lee, Kimball Thurston de WETA FX et le réalisateur Kang Yun-sung pour réfléchir à l’utilisation de l’IA dans la création audiovisuelle en Asie-Pacifique, tout en soulignant la place centrale de la créativité humaine.
Deux ateliers complèteront cette journée. Le premier sera consacré à l’écriture et aux mécanismes narratifs permettant de construire un pilote efficace. Le second donnera un aperçu du regard des décideurs de l’industrie : comment un projet est sélectionné, financé et finalement validé.
Une présence devenue stratégique
En dix ans, Netflix est devenu un acteur incontournable de l’audiovisuel coréen et son implantation au BIFF illustre désormais une évolution plus large du festival. À Busan, la plateforme ne vient plus seulement présenter des programmes susceptibles d’être diffusés mondialement : elle participe directement aux discussions sur l’avenir du cinéma, des séries et de la création en Asie.

Avec cinq œuvres allant du cinéma d’auteur au film d’animation, en passant par l’horreur, le thriller policier et la production française, mais aussi avec les rencontres publiques et Creative Asia, Netflix fait ainsi de cette 31e édition du BIFF une véritable vitrine de sa stratégie asiatique.
Une présence particulièrement intéressante à suivre pour le public français : plusieurs de ces œuvres pourraient constituer une partie des rendez-vous cinéma et séries internationaux les plus remarqués des prochains mois.
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