À l’extrémité nord-est de Kyoto, au pied du mont Hiei, la petite gare de Yase-Hieizanguchi offre une étonnante parenthèse hors du temps. Nichée dans un environnement verdoyant, au bord de la rivière Takano, elle constitue l’un des terminus de l’Eizan Railway et séduit autant par son atmosphère paisible que par son architecture ancienne.

La gare actuelle a été inaugurée en 1925, lorsque la compagnie Kyoto Dentō ouvrit la liaison ferroviaire entre Demachiyanagi et Yase. La ligne, alors appelée Eizan Heitan Line, avait notamment été conçue pour faciliter l’accès à Yase et au mont Hiei, à une époque où le développement des transports accompagnait l’essor du tourisme dans cette partie de Kyoto. La liaison ferroviaire fut ouverte la même année que le funiculaire permettant de gravir les pentes du mont Hiei.

Aujourd’hui exploitée par l’Eizan Electric Railway, la gare constitue le terminus de la ligne principale Eizan. Depuis Demachiyanagi, dans le nord-est de Kyoto, les trains suivent cette petite ligne régionale jusqu’à Takaragaike, où le réseau se divise : une branche poursuit vers Yase-Hieizanguchi, tandis que l’autre se dirige vers Kibuneguchi et Kurama. Ce réseau de proximité dessert ainsi plusieurs des paysages naturels et sites historiques du nord de Kyoto.
Mais c’est surtout son architecture qui donne à Yase son caractère particulier. Le bâtiment voyageurs et la grande structure couvrant les quais ont conservé une apparence étonnamment proche de celle de leurs débuts. La construction présente une structure métallique légère, composée de piliers et de poutres assemblés par rivets, surmontée d’une vaste toiture. Les dimensions restent modestes : environ 9,4 mètres de largeur pour 23 mètres de longueur. Certains détails décoratifs, notamment les éléments en forme de scie sous les pignons et les ornements de la toiture, accentuent encore son allure rétro. La conception est traditionnellement attribuée à un ingénieur allemand.

L’ensemble possède une élégance très différente des grandes gares modernes de Kyoto. Ici, pas de vaste hall ni de succession de commerces : le terminus est presque miniature. La toiture qui recouvre les quais, les structures métalliques apparentes, les anciens caractères utilisés sur la signalétique et l’environnement boisé donnent à la gare l’apparence d’un décor ferroviaire du début du XXe siècle.
Cette impression est renforcée par son emplacement. La gare se trouve là où la vallée de la Takano rencontre les premières pentes du mont Hiei. Yase marque ainsi une transition très nette entre la ville de Kyoto et un paysage beaucoup plus rural et montagneux. À quelques minutes à pied se trouve notamment la station Cable Yase, point de départ du funiculaire vers les hauteurs du mont Hiei.

La gare est aujourd’hui considérée par la ville de Kyoto comme un élément important du patrimoine architectural local. Son intérêt tient précisément à la conservation de nombreux éléments de sa construction d’origine, témoins d’une époque où le développement du chemin de fer participait à la modernisation de Kyoto et à l’ouverture touristique des montagnes environnantes.

Avec son quai couvert, sa charpente métallique, ses proportions modestes et son environnement naturel, Yase-Hieizanguchi possède ainsi un charme presque cinématographique. Une petite gare qui n’a rien de spectaculaire par sa taille, mais dont l’atmosphère raconte à elle seule un siècle d’histoire ferroviaire et l’évolution des paysages du nord de Kyoto.
© 2026 (SL75)




