Présenté en première mondiale le 16 septembre au Festival international du film de Toronto, dans la section Gala Presentations, The Assassin(s) marque le retour du réalisateur sud-coréen Hur Jin-ho au TIFF, après A Normal Family, présenté en 2023. Inspiré d’un épisode particulièrement troublant de l’histoire contemporaine de la Corée du Sud, le film transforme la tentative d’assassinat du président Park Chung-hee, survenue le 15 août 1974, en un thriller d’investigation tendu, construit autour d’une question simple mais vertigineuse : que s’est-il réellement passé ce jour-là ?

Le film réunit trois acteurs majeurs du cinéma coréen, Yoo Hai-jin, Park Hae-il et Lee Min-ho, auxquels s’ajoute une impressionnante distribution secondaire réunissant notamment Ryu Hye-young, Kim Dae-myung, Shim Eun-kyung, Park Ji-hwan, Park Hoon, Uhm Ji-won, Park Hae-joon, Park Sung-hoon, Oh Jung-se, Shin Hyun-been et Jung Woo-sung.
Une fusillade qui bouleverse la Corée
Le 15 août 1974, alors que le président Park Chung-hee prononce un discours à l’occasion de la cérémonie du 29e anniversaire de la Libération de la Corée, des coups de feu retentissent dans la salle.
Le président survit à la tentative d’assassinat, mais son épouse, la Première dame Yuk Young-soo, est mortellement touchée. Une jeune fille présente dans l’assistance est également tuée. L’auteur des tirs, Mun Se-gwang, un homme d’origine coréenne vivant au Japon, est immédiatement arrêté par les services de sécurité.
Le récit officiel semble rapidement établi : Mun Se-gwang aurait agi seul dans le cadre d’un complot lié à la Corée du Nord. Mais certains détails ne correspondent pas.
Le nombre de coups de feu, la trajectoire des tirs, les circonstances exactes de l’attaque et certains éléments matériels soulèvent des interrogations. Dans le film, une anomalie devient notamment le point de départ d’une enquête : six coups de feu ont été tirés, alors que l’arme du suspect ne pouvait contenir que cinq cartouches.
À mesure que les incohérences s’accumulent, journalistes et policiers qui cherchent à comprendre ce qui s’est réellement passé se heurtent à un mur. Les investigations sont interrompues, les questions sont étouffées et ceux qui insistent sont accusés de sympathies communistes ou sommés de se tenir à distance de l’affaire.
Trois hommes face au silence
The Assassin(s) s’articule autour de trois personnages qui vont progressivement comprendre que l’affaire dépasse largement la simple arrestation d’un tireur.

Yoo Hai-jin interprète Park Cheol-gu, un inspecteur expérimenté confronté directement aux contradictions de l’enquête. Policier méthodique et instinctif, il doit composer avec les ordres de sa hiérarchie tout en cherchant à comprendre les zones d’ombre du dossier.

Park Hae-il incarne Kim Jae-hwan, un journaliste chevronné et responsable de la rubrique des affaires sociales. Son expérience lui permet rapidement de repérer les incohérences du récit officiel. Plus il avance dans son enquête, plus il comprend que certaines informations sont volontairement dissimulées.

À ses côtés, Lee Min-ho joue Han Young-il, un jeune reporter encore inexpérimenté. Témoin direct des événements, il représente une génération de journalistes qui découvre progressivement les risques liés à la recherche de la vérité dans un système où la presse reste étroitement surveillée.
Le trio devient ainsi le moteur d’une enquête qui traverse les commissariats, les rédactions et les cercles du pouvoir. Chacun possède ses propres raisons d’avancer, mais tous finissent par se retrouver confrontés au même obstacle : jusqu’où les autorités sont-elles prêtes à aller pour empêcher que la vérité ne soit connue ?
Un thriller historique sous haute tension
Hur Jin-ho choisit de ne pas traiter l’événement uniquement comme un film politique ou une reconstitution historique. The Assassin(s) adopte plutôt les codes du procedural, en suivant progressivement le travail des enquêteurs et des journalistes, les témoignages contradictoires, les rapports officiels et les éléments qui ne correspondent pas au récit établi.

Cette construction permet au réalisateur de faire monter la tension par petites touches. Le suspense ne repose pas uniquement sur la question de savoir qui se trouve derrière l’attentat, mais sur la manière dont les protagonistes vont parvenir à reconstituer les faits alors que chaque nouvelle piste semble les rapprocher d’un système beaucoup plus vaste.
La mise en scène joue également sur l’atmosphère de la Corée des années 1970. Rues, bureaux, commissariats et rédactions contribuent à recréer un pays placé sous forte pression politique. La photographie de Lee Mo-gae accompagne cette reconstitution avec une esthétique volontairement sobre, tandis que le montage de Kim Ha-na et Kim Woo-hyun soutient la progression de l’enquête.
Pour Hur Jin-ho, un nouveau territoire cinématographique
Né en 1963 à Jeonju, Hur Jin-ho s’est imposé depuis la fin des années 1990 comme l’un des réalisateurs importants du cinéma sud-coréen. Diplômé de l’Université Yonsei puis de la Korean Academy of Film Arts, il s’est fait remarquer avec Christmas in August en 1998, avant de signer notamment One Fine Spring Day, April Snow, Happiness, The Last Princess, Forbidden Dream et A Normal Family.
Longtemps associé à un cinéma intimiste consacré aux relations humaines et aux sentiments, Hur Jin-ho s’est progressivement tourné vers des récits historiques de plus grande ampleur. The Last Princess abordait déjà une période majeure de l’histoire coréenne, tandis que Forbidden Dream revenait sur la relation entre le roi Sejong et le scientifique Jang Yeong-sil.
Avec The Assassin(s), le cinéaste franchit une nouvelle étape en s’attaquant à un événement politique réel et particulièrement sensible. Le film s’appuie sur des faits historiques mais introduit également des personnages et des situations imaginés pour construire son récit. L’objectif n’est donc pas de proposer un documentaire, mais de transformer les zones d’ombre de l’histoire en matière dramatique.
Un trio d’acteurs particulièrement convaincant
Yoo Hai-jin, qui tient ici le rôle de l’inspecteur Park Cheol-gu, possède une longue expérience du cinéma coréen. Formé au théâtre, il a débuté au cinéma dans Blackjack en 1997 avant de se faire remarquer dans Attack the Gas Station!, Public Enemy et The King and the Clown. Il a ensuite alterné comédies, films policiers et grands récits historiques, notamment Veteran, Confidential Assignment, A Taxi Driver et 1987: When the Day Comes. Son parcours lui permet de passer avec naturel du registre comique au drame et au thriller.

Park Hae-il, dans le rôle du journaliste Kim Jae-hwan, est l’une des figures reconnues du cinéma d’auteur et du cinéma populaire coréen. Après ses débuts au théâtre, il s’est imposé avec Memories of Murder, The Host, War of the Arrows, The Fortress et The Last Princess. En 2022, il a reçu plusieurs récompenses pour son interprétation dans Decision to Leave de Park Chan-wook, avant d’incarner l’amiral Yi Sun-shin dans Hansan: Rising Dragon.
Lee Min-ho apporte enfin au film une dimension différente. Devenu une star internationale grâce notamment à Boys Over Flowers, City Hunter, The Heirs et The King: Eternal Monarch, il s’est également illustré au cinéma avec Gangnam Blues et dans la série internationale Pachinko. Avec The Assassin(s), il revient à un rôle cinématographique particulièrement éloigné de l’image romantique qui a longtemps accompagné sa carrière, en incarnant un jeune journaliste plongé au cœur d’une enquête dangereuse.
Une distribution secondaire impressionnante
Le film bénéficie également d’une distribution particulièrement riche. Ryu Hye-young interprète Seo Yoon-hee et Kim Dae-myung joue Man-seob, membres de l’équipe journalistique. Shim Eun-kyung apparaît dans le rôle de Lee Kang-ja, tandis que Park Hoon interprète Kim Sang-pil.
Le casting comprend également Uhm Ji-won, Park Hae-joon, Park Sung-hoon, Oh Jung-se, Shin Hyun-been, Ryu Kyung-soo, Park Jeong-min, Jung Woo-sung et plusieurs autres acteurs connus du cinéma et des séries coréennes. Cette concentration de comédiens expérimentés donne au film une véritable dimension chorale.
The Assassin(s) apparaît comme un changement de registre réussi pour Hur Jin-ho. Sans abandonner son attention portée aux personnages, le réalisateur construit un récit beaucoup plus ample, où le suspense naît autant des dangers auxquels sont confrontés les protagonistes que de leur confrontation avec un système décidé à préserver ses secrets.
Au-delà de l’enquête historique, le film interroge la place du journalisme face au pouvoir. Ses journalistes ne sont pas présentés comme de simples observateurs : leur travail devient progressivement une forme de résistance face au contrôle de l’information. Cette dimension donne au film une résonance particulière, tout en restant intégrée à la mécanique du thriller.
Une première mondiale très attendue
The Assassin(s) a été présenté le 16 septembre 2026 au Roy Thomson Hall dans le cadre des Gala Presentations du 51e Festival international du film de Toronto. Il s’agit de sa première mondiale et de la troisième sélection de Hur Jin-ho au TIFF, après Dangerous Liaisons en 2012 et A Normal Family en 2023.
Après Toronto, le film doit sortir dans les salles sud-coréennes le 23 septembre 2026, à l’occasion des vacances de Chuseok. Cette sortie intervient une semaine seulement après sa première mondiale.
À la date du 17 septembre 2026, aucune date française de sortie en salles n’a encore été officiellement communiquée. AlloCiné référence bien le film comme « prochainement en salle », mais sans distributeur ni date précise. Les autres dates internationales de distribution restent également à confirmer.
Fiche technique
- Titre international : The Assassin(s)
- Titre original : 암살자들 (Amsalja(deul))
- Pays : Corée du Sud
- Année : 2026
- Genre : thriller, crime, drame historique
- Durée : environ 130 à 131 minutes
- Langues : coréen et japonais
- Réalisation : Hur Jin-ho
- Scénario : Kwon Gi-jun, Lee Ji-min
- Adaptation : Shin Joon-ho
- Direction de la photographie : Lee Mo-gae
- Montage : Kim Ha-na, Kim Woo-hyun
- Musique originale : Jo Yeong-wook
- Décors : Kim Byung-han
- Costumes : Choi Yoon-sun
- Maquillage et coiffure : Song Jong-hee
- Effets visuels : Jung Jae-hoon
- Supervision sonore : Choi Tae-young
- Production : Hive Media Corp.
- Producteur exécutif : William Kim
- Autre producteur exécutif / investissement : Won-kuk Kim
- Distribution principale : Yoo Hai-jin, Park Hae-il, Lee Min-ho, Choi Yu-ri, Ryu Hye-young, Kim Dae-myung, Bae Sung-woo, Park Ji-hwan, Jung Woo-sung, Shim Eun-kyung, Park Hoon, Ryu Kyung-soo, Park Jeong-min, Uhm Ji-won, Oh Jung-se, Park Hae-joon, Shin Hyun-been, Park Sung-hoon et Chang Ryul.
- Première mondiale : 16 septembre 2026, Toronto International Film Festival – Gala Presentations
- Sortie en Corée du Sud : 23 septembre 2026
- Sortie au Canada : présentation au TIFF à partir du 16 septembre 2026 ; les dates correspondent aux séances du festival et non à une sortie commerciale nationale confirmée.
- Sortie en France : date et distributeur non annoncés à ce jour.
The Assassin(s) s’annonce finalement comme un thriller historique ambitieux, porté par un trio d’acteurs particulièrement solide et par une mise en scène qui privilégie l’enquête, la tension et la progression du mystère. En transformant un événement réel encore entouré de nombreuses interrogations en récit de cinéma, Hur Jin-ho signe un film à la fois spectaculaire et profondément centré sur la recherche de la vérité. Après sa présentation remarquée au TIFF, sa sortie coréenne du 23 septembre constituera la prochaine étape importante pour ce nouveau long métrage du réalisateur de A Normal Family.
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