Dans la province de Gangwon, au cœur de la ville de Wonju, le ginkgo de Bangye-ri impressionne autant par son âge exceptionnel que par ses dimensions hors du commun. Âgé d’environ 1 317 ans, cet arbre majestueux est considéré comme l’un des plus anciens et des plus remarquables témoins du patrimoine naturel sud-coréen. À l’automne, lorsque son immense ramure se couvre de feuilles dorées, il offre un spectacle véritablement saisissant.

Situé dans le quartier de Munmak-eup, au milieu d’un paysage relativement ouvert, le ginkgo domine les environs de sa silhouette monumentale. Il atteint environ 32 mètres de hauteur et son tronc présente une circonférence de 16,27 mètres. Ses branches épaisses se déploient dans toutes les directions, formant une couronne particulièrement vaste et imposante. Certaines, fragilisées par le temps, reposent sur des supports destinés à préserver leur structure.

Son âge a longtemps été estimé entre 800 et 1 000 ans. Une étude scientifique réalisée en 2024, à partir de données numériques de croissance et de relevés LiDAR, a toutefois permis d’affiner cette estimation à environ 1 317 ans. L’arbre aurait ainsi traversé plusieurs périodes majeures de l’histoire coréenne, depuis le royaume de Silla unifié, qui dominait une grande partie de la péninsule à partir du VIIe siècle.

Au-delà de son intérêt botanique, le ginkgo occupe une place particulière dans la mémoire et les traditions locales. Plusieurs légendes racontent son origine. Selon l’une d’elles, un membre du clan Seongju Lee aurait planté l’arbre avant de quitter le village. Une autre histoire, très populaire, évoque un moine bouddhiste qui, après s’être arrêté pour boire de l’eau, aurait laissé son bâton de marche planté dans le sol. Celui-ci aurait ensuite pris racine pour devenir le gigantesque ginkgo que l’on admire aujourd’hui.

Une autre croyance populaire raconte qu’un serpent blanc vivrait dans l’arbre et veillerait sur lui. Considéré comme sacré par les habitants pendant des générations, le ginkgo aurait ainsi été protégé de toute intervention susceptible de lui nuire. Sa transformation automnale faisait également l’objet d’une attention particulière : lorsque toutes ses feuilles prenaient simultanément une teinte jaune, les villageois y voyaient le signe annonciateur d’une récolte abondante.

Cette relation ancienne entre l’arbre et la population explique en partie la place qu’il occupe dans le patrimoine local. Reconnaissant sa valeur biologique, historique et culturelle, les autorités sud-coréennes l’ont officiellement classé monument naturel national n° 167 en 1964.

C’est toutefois à l’automne que le ginkgo de Bangye-ri révèle toute sa splendeur. Son feuillage en éventail se transforme progressivement en une immense masse dorée, qui contraste avec son tronc sombre et profondément marqué par les siècles. Lorsque le vent fait tomber les feuilles, celles-ci recouvrent le sol d’un tapis jaune, le paysage est particulièrement apprécié des photographes et des visiteurs.

Chaque année, cette métamorphose attire de nombreux curieux venus admirer et photographier l’arbre. Sa renommée dépasse désormais largement les frontières de Wonju, ce qui fait de lui l’un des sites naturels emblématiques de la saison automnale dans la province de Gangwon.

Plus qu’un simple arbre remarquable, le ginkgo de Bangye-ri est un véritable monument vivant. Silencieux témoin de plus de treize siècles d’histoire, il rappelle la longévité exceptionnelle du monde végétal et le lien profond qui peut unir une communauté à son environnement naturel.

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