Mitsubishi Heavy Industries (MHI) va investir environ 100 milliards de yens, soit près de 634 millions de dollars, afin d’accroître ses capacités de construction navale au Japon. Le groupe a annoncé vendredi 2 octobre l’acquisition d’un terrain industriel sur l’île artificielle de Choshu Dejima, à Shimonoseki, dans la préfecture de Yamaguchi, où une nouvelle infrastructure de production doit voir le jour à l’horizon 2030.

Le projet sera porté par Mitsubishi Shipbuilding, filiale du groupe spécialisée dans les activités maritimes. Une partie des fonctions actuellement assurées au sein de l’usine Enoura du chantier naval de Shimonoseki sera transférée sur ce nouveau site. Mitsubishi Shipbuilding prévoit également d’y construire une installation dédiée à la fabrication de blocs de coque, éléments assemblés ensuite pour former la structure des navires. Les travaux doivent débuter en 2027, pour une mise en service prévue en 2030.
Cette importante opération industrielle s’inscrit dans un contexte de regain d’intérêt du Japon pour sa capacité nationale de construction navale. Tokyo considère désormais les infrastructures et composants liés aux navires comme un enjeu de sécurité économique, alors que les besoins liés au transport maritime mondial et la nécessité de sécuriser les chaînes d’approvisionnement renforcent l’importance d’une industrie navale capable de produire sur le territoire japonais. Le ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme a approuvé le projet en septembre dans le cadre de la législation sur la sécurité économique. Jusqu’à 40 milliards de yens de subventions publiques pourraient contribuer à son financement.

Pour Mitsubishi Heavy Industries, ce développement constitue aussi un retour aux racines historiques du groupe. Son histoire remonte à 1884, lorsque Yataro Iwasaki, fondateur de Mitsubishi, prit en location les chantiers navals de Nagasaki appartenant au gouvernement japonais et lança véritablement les activités de construction navale. Cette activité allait progressivement s’étendre à la production de machines lourdes, d’avions et de matériel ferroviaire. En 1934, l’entreprise prit le nom de Mitsubishi Heavy Industries.
Après la Seconde Guerre mondiale, Mitsubishi Heavy Industries fut temporairement divisée en trois sociétés en 1950 dans le cadre du démantèlement des grands conglomérats industriels japonais. Les trois entités furent finalement réunies en 1964 pour former à nouveau Mitsubishi Heavy Industries. Au fil des décennies, le groupe a diversifié ses activités dans l’énergie, les infrastructures, l’aéronautique, la défense et l’espace, tout en conservant une importante expertise maritime.
Avec le nouveau site de Choshu Dejima, MHI entend donc moderniser et augmenter son appareil industriel naval plutôt que simplement agrandir ses installations existantes. L’investissement doit permettre à Mitsubishi Shipbuilding de disposer d’une capacité de production renforcée et plus stable, tout en accompagnant les ambitions du Japon pour préserver une industrie navale compétitive et réduire les vulnérabilités liées aux approvisionnements stratégiques.
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