Après avoir marqué le cinéma coréen avec Dernier train pour Busan et Peninsula, puis la télévision avec Hellbound, le réalisateur Yeon Sang-ho revient avec Paradise Lost, un thriller psychologique qui délaisse les zombies et les univers postapocalyptiques pour s’intéresser à une question plus intime : que reste-t-il d’un enfant lorsque le souvenir que l’on en a finit par remplacer la réalité ? Le film fera sa première mondiale au 51e Toronto International Film Festival, du 10 au 20 septembre 2026, dans la section Special Presentations.

Un fils disparu… puis retrouvé neuf ans plus tard

Adapté du roman coréen Black Inferno, de l’écrivaine Oh Sung-eun, Paradise Lost raconte l’histoire de Ryu So-young, une mère dont le fils Sun-woo a disparu alors qu’il était encore enfant.

Pour supporter son absence, So-young a recours à un programme d’intelligence artificielle capable de recréer virtuellement son fils tel qu’elle se le rappelle. Cette présence numérique lui permet progressivement de reconstruire une relation avec l’enfant qu’elle a perdu. Mais neuf ans après sa disparition, Sun-woo revient soudainement à la maison. Alors que la situation devrait représenter un miracle, les retrouvailles prennent une tournure inquiétante. Le jeune homme devenu adulte ne correspond plus à l’image que sa mère a entretenue pendant toutes ces années. Face à ce fils bien réel, So-young éprouve davantage de malaise que de soulagement.

Le film s’intéresse ainsi au conflit entre le souvenir, la représentation numérique et la réalité, tout en questionnant la capacité de l’intelligence artificielle à modifier notre rapport au deuil et à la mémoire. Yeon Sang-ho a décrit le projet comme l’un de ses films les plus sombres.

Kim Hyun-joo et Bae Hyun-sung réunis

Le film repose principalement sur le face-à-face entre deux acteurs déjà familiers de l’univers de Yeon Sang-ho.

Kim Hyun-joo interprète Ryu So-young, la mère de Sun-woo. Actrice reconnue du cinéma et de la télévision sud-coréens, elle s’est notamment illustrée dans Hellbound, où elle incarnait l’avocate Min Hye-jin, ainsi que dans Jung_E, autre collaboration avec Yeon Sang-ho. Son parcours comprend également de nombreux dramas populaires et plusieurs productions de genre.

Face à elle, Bae Hyun-sung joue Ryu Sun-woo. Né en 1999, le jeune acteur s’est fait connaître avec la série web Love Playlist avant de gagner en visibilité grâce à Hospital Playlist, Our Blues, Gaus Electronics, Gyeongseong Creature et Family by Choice. Il avait déjà travaillé avec Yeon Sang-ho dans Hellbound 2. Paradise Lost constitue l’un de ses rôles cinématographiques les plus importants à ce jour.

Cette nouvelle collaboration entre Yeon Sang-ho, Kim Hyun-joo et Bae Hyun-sung donne au projet une continuité particulière après Hellbound, mais dans un registre beaucoup plus intimiste.

Yeon Sang-ho, du cinéma d’animation aux productions internationales

Né à Séoul en 1978, Yeon Sang-ho commence sa carrière dans l’animation à la fin des années 1990. Il réalise notamment The King of Pigs (2011) et The Fake (2013), deux œuvres remarquées pour leur dimension sociale et leur approche sombre de la société coréenne.

En 2016, il passe au cinéma en prises de vues réelles avec Dernier train pour Busan, présenté au Festival de Cannes et devenu un succès international. Il poursuit avec Psychokinesis, Peninsula, puis développe pour Netflix l’univers de Hellbound et réalise Jung_E.

En 2026, Yeon Sang-ho a effectué un retour très remarqué à Cannes avec Colony, présenté en Séance de minuit, dix ans après Dernier train pour Busan. Ce nouveau film d’horreur et d’action, porté notamment par Jun Ji-hyun, Koo Kyo-hwan et Ji Chang-wook, enferme les survivants d’une contamination virale dans un gratte-ciel de Séoul tandis que les personnes infectées évoluent de manière imprévisible. Le film a reçu un accueil remarqué sur la Croisette et a confirmé l’intérêt du cinéaste pour le renouvellement du film de zombies.

Sorti en Corée du Sud le 21 mai 2026, Colony a également rencontré un important succès auprès du public coréen. Selon les données du Korean Film Council, le film avait attiré près de 6 millions de spectateurs au 27 juillet, pour plus de 42 millions de dollars de recettes, devenant l’un des succès commerciaux marquants de l’année dans le cinéma sud-coréen.

Le film avait par ailleurs été vendu dans 124 pays avant même sa sortie internationale, preuve de l’attente suscitée par le nouveau long métrage du réalisateur. En France, Colony est sorti en salles le 27 mai 2026.

Cette trajectoire, entre animation, cinéma de genre, séries et productions internationales, témoigne de la capacité de Yeon Sang-ho à renouveler ses thèmes tout en conservant un intérêt marqué pour les peurs contemporaines, les comportements collectifs et les bouleversements technologiques. Avec Paradise Lost, il délaisse cette fois les zombies pour une histoire beaucoup plus intime, centrée sur le deuil, la mémoire et l’intelligence artificielle.

Son cinéma s’intéresse régulièrement à la peur, aux mécanismes collectifs et aux conséquences des nouvelles technologies, mais aussi aux relations humaines confrontées à des situations extraordinaires. Paradise Lost semble prolonger cette réflexion dans un cadre beaucoup plus réaliste et familial.

Le réalisateur revient par ailleurs au TIFF pour la deuxième année consécutive, après y avoir présenté The Ugly en 2025.

Une production volontairement modeste

À l’image de The Ugly, Yeon Sang-ho a choisi pour Paradise Lost un modèle de production particulièrement économique. Le film aurait été réalisé avec un budget d’environ 500 millions de wons, soit une enveloppe très réduite pour une production cinématographique coréenne. Le principe repose notamment sur une diminution des cachets et une participation aux bénéfices liés aux résultats du film. Le film est produit par Wow Point, avec CJ ENM comme distributeur coréen et partenaire de diffusion internationale.

Avec son intrigue centrée sur le deuil, l’identité et les possibilités — mais aussi les dangers — de l’intelligence artificielle, Paradise Lost marque en tout cas un nouveau virage pour Yeon Sang-ho. Après les zombies, le fantastique et l’horreur sociale, le cinéaste semble cette fois vouloir installer l’inquiétude au cœur même d’une relation mère-fils.

  • Titre international : Paradise Lost
    Titre original : 실낙원 (Sillagwon)
    Réalisation : Yeon Sang-ho
    Scénario : Yeon Sang-ho, Ryu Yong-jae
    D’après : Black Inferno d’Oh Sung-eun
    Genre : thriller psychologique / mystère
    Pays : Corée du Sud
    Langue : coréen
    Durée : 101 minutes
    Production : Wow Point
    Distribution Corée du Sud : CJ ENM
    Casting principal : Kim Hyun-joo, Bae Hyun-sung
    Première mondiale : Toronto International Film Festival – Special Presentations
    Dates du TIFF : 10–20 septembre 2026
    Sortie en Corée du Sud : octobre 2026
  • Au 9 août 2026, aucune date française confirmée n’est disponible.

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