Chaque été, une fleur transforme les rues de Séoul en décor de conte de fées. La neungsohwa, plus connue sous le nom de vigne trompette, est devenue l’un des symboles les plus photographiés de la saison. Pour de nombreux jeunes Coréens, admirer sa floraison est désormais un véritable rituel estival, largement partagé sur les réseaux sociaux.

Appartenant à la famille des bignones, cette plante grimpante séduit par ses impressionnantes grappes de fleurs aux nuances éclatantes de jaune et d’orange. Ses longues tiges souples s’accrochent aux murs, aux clôtures ou aux troncs d’arbres et peuvent atteindre jusqu’à dix mètres de hauteur. De juillet à septembre, avec un apogée en août, elle recouvre façades et ruelles d’un voile coloré qui illumine les paysages urbains. Particulièrement résistante, elle supporte sans difficulté la chaleur, les pluies de mousson et les vents estivaux, ce qui explique sa présence de longue date dans les jardins et les maisons de toute la Corée.

Si la neungsohwa connaît aujourd’hui un tel engouement, c’est aussi grâce à la symbolique attachée à son nom, que l’on peut traduire par « insulter le ciel ». Une expression qui inspire de nombreux internautes, amusés par l’idée de défier le ciel capricieux de l’été coréen, entre chaleur écrasante, averses diluviennes et passages de typhons. La fleur est également entourée de nombreuses légendes. Dans les récits anciens, elle incarne la dignité et l’intégrité : même lorsqu’elles se fanent, ses fleurs tombent intactes au sol au lieu de perdre leurs pétales. D’autres croyances populaires mettent en garde contre la toxicité de certaines parties de la plante ou les irritations provoquées par son pollen. Toutefois, les recherches récentes estiment que ces risques ont largement été exagérés.

La neungsohwa possède aussi une forte dimension historique. Durant la dynastie Joseon (1392-1910), elle était cultivée comme plante ornementale dans les demeures des érudits ayant brillamment réussi les prestigieux examens d’État, symbole de réussite et d’excellence.

Où admirer la neungsohwa à Séoul ?

Pour immortaliser cette floraison spectaculaire, plusieurs lieux de la capitale sont devenus incontournables.

Le parc Ttukseom Hangang offre l’un des plus beaux panoramas. Une longue rangée de murs entièrement recouverts de vignes trompettes longe les berges du fleuve Han, créant un décor particulièrement photogénique.

Dans le quartier de Seochon, à l’ouest du palais de Gyeongbokgung, les cascades de fleurs viennent sublimer les ruelles bordées de hanoks traditionnels, de cafés intimistes et de galeries d’art. L’atmosphère rétro du quartier en fait l’un des spots les plus prisés des amateurs de photographie.

La bibliothèque publique de Jeongdok, dans le district de Jongno, constitue une autre halte incontournable. Les vignes grimpantes recouvrent les façades de briques rouges, offrant un cadre paisible où la beauté des fleurs se mêle au charme des lieux.

Enfin, les ruelles en pente de Huam-dong, près de la gare de Séoul, dévoilent de magnifiques cascades de fleurs orangées au milieu des fresques murales. Non loin de là, aux abords de la gare de Namyeong, les massifs de neungsohwa se détachent sur la silhouette de la tour N Seoul, offrant un contraste saisissant entre nature et paysage urbain.

Éphémère mais spectaculaire, la floraison de la neungsohwa est devenue l’un des rendez-vous les plus attendus de l’été coréen. Une invitation à découvrir Séoul sous un visage coloré, poétique et résolument photogénique.

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