La réalisatrice sud-coréenne July Jung, dont les trois longs métrages ont été présentés au Festival de Cannes, a reçu les insignes de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, une distinction française qui récompense sa contribution au rayonnement de la culture et du cinéma. La décoration lui a été remise lors d’une cérémonie organisée à Busan, en marge de la 31ᵉ édition du Festival international du film de Busan (BIFF), dans le cadre des célébrations du 140ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud.

Cette distinction souligne les liens artistiques qui unissent les deux pays, mais aussi le parcours d’une cinéaste dont les films explorent avec sensibilité les fragilités humaines, les rapports de pouvoir et les mécanismes d’exclusion sociale.

© 2026 (Ambassade de France en Corée/SL75)

Née en Corée du Sud, July Jung s’est imposée progressivement comme une figure importante du cinéma indépendant coréen. Elle fait ses débuts au long métrage en 2014 avec A Girl at My Door, un drame qui aborde notamment les violences, les préjugés et la vulnérabilité des personnes marginalisées. Présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, le film révèle une cinéaste attentive aux silences, aux tensions psychologiques et aux injustices qui traversent la société.

En 2022, elle revient avec Next Sohee, un film inspiré par les réalités du monde du travail et les conséquences humaines d’un système qui privilégie la performance au détriment des individus. À travers le destin d’une jeune stagiaire confrontée à des conditions professionnelles destructrices, July Jung interroge la responsabilité des institutions et l’indifférence collective. Présenté à Cannes, le long métrage confirme la force de son regard et son engagement en faveur d’un cinéma social exigeant.

Son troisième long métrage, Dora, sorti en 2026, poursuit ce parcours international. Cette coproduction entre la Corée du Sud, la France et le Luxembourg témoigne de la coopération croissante entre les industries cinématographiques européennes et asiatiques. Comme ses deux précédents films, il a été présenté au Festival de Cannes, faisant de July Jung une réalisatrice dont l’ensemble de la filmographie entretient un lien privilégié avec le rendez-vous cannois.

Lors de la cérémonie organisée à Busan, la cinéaste a confié avoir d’abord douté de mériter une telle reconnaissance. Elle s’est ensuite souvenue du soutien reçu de la part des spectateurs français rencontrés à Paris, Cannes et Strasbourg. Leurs encouragements lui ont permis de mesurer une nouvelle fois la puissance du cinéma, capable de transformer les vies représentées à l’écran en histoires dans lesquelles chacun peut se reconnaître.

Environ 150 professionnels du cinéma sud-coréen et français, parmi lesquels des réalisateurs, des acteurs, des scénaristes et des représentants de l’industrie, ont assisté à cette soirée organisée par l’ambassade de France en Corée. L’événement avait pour objectif de renforcer les échanges entre les deux communautés cinématographiques, alors que les deux pays célèbrent 140 ans de relations diplomatiques.

L’Ordre des Arts et des Lettres compte trois grades : chevalier, officier et commandeur. En distinguant July Jung au grade de chevalier, la France salue une œuvre qui dépasse les frontières nationales et rappelle le rôle essentiel du cinéma dans le dialogue entre les cultures. Pour la réalisatrice sud-coréenne, cette reconnaissance vient également consacrer un parcours artistique marqué par une attention constante aux individus que la société peine parfois à entendre.

© 2026 (SL75)

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