Le film sud-coréen Full Moon, réalisé par Jeong Jihye, s’est distingué lors de la 31e édition du Festival international du film de Busan (BIFF) 2026, en remportant plusieurs récompenses dans la sélection Vision-Korea, dont le prix CGV, le prix K-MOVIE et le prix du public Songwon Vision Audience Award – Korea. Une reconnaissance importante pour cette œuvre sensible consacrée aux fragilités de l’adolescence, au regard des autres et aux liens familiaux.

Présenté en première mondiale à Busan, ce long métrage de 96 minutes confirme l’intérêt du festival pour un cinéma indépendant coréen attentif aux réalités sociales et aux trajectoires humaines ordinaires.

Synopsis : le désir d’être vue, la peur d’être découverte

Au cœur de Full Moon, Hye-mi, une collégienne qui rêve de devenir la figure centrale de l’équipe de danse de son établissement, cherche à trouver sa place parmi les autres adolescents. Passionnée par la danse et la culture populaire, elle aspire à attirer les regards, à gagner en popularité et à vivre les expériences ordinaires de son âge. Mais derrière cette assurance se cache une fragilité qu’elle s’efforce de dissimuler à ses camarades.

Sa vie bascule lors des célébrations de Jeongwol Daeboreum, une fête traditionnelle coréenne associée à la première pleine lune de l’année lunaire. Alors que son équipe doit se produire sur scène, un incident vestimentaire compromet sa prestation. Cet événement, qui aurait pu rester un simple accident, devient le point de départ d’une série de bouleversements dans son quotidien.

Les relations de Hye-mi avec ses amies se détériorent progressivement. Les rivalités, les sentiments amoureux et les tensions au sein de son groupe de danse viennent compliquer une adolescence déjà marquée par les incertitudes. Sa meilleure amie semble s’éloigner d’elle, tandis que Jun, le garçon dont elle est secrètement amoureuse, occupe une place grandissante dans ses pensées.

Cependant, le véritable secret de Hye-mi se trouve chez elle. Son père est atteint de trisomie 21 et sa mère présente des difficultés intellectuelles. Si la jeune fille considère sa famille comme une réalité naturelle et affectueuse, elle redoute le regard que ses camarades pourraient porter sur ses parents. Elle choisit donc de maintenir une séparation entre son univers familial et sa vie sociale, espérant préserver l’image qu’elle souhaite donner d’elle-même.

Lorsque cet équilibre devient menacé, Hye-mi se retrouve confrontée à ses propres préjugés, mais aussi à ceux qui traversent son environnement. La peur du jugement prend le pas sur la spontanéité de l’enfance et l’oblige à interroger la place qu’elle accorde au regard des autres. La crise révèle peu à peu les contradictions d’une adolescente qui souhaite être reconnue et admirée tout en dissimulant la partie la plus intime de son existence.

À travers cette expérience, le film accompagne une jeune fille qui doit apprendre à accepter sa vulnérabilité et à redéfinir ses relations avec ses proches. Des rencontres inattendues lui permettent progressivement de découvrir d’autres formes d’amitié et de mieux comprendre le monde des adultes.

La pleine lune, qui donne son titre au film, devient ainsi une image discrète du changement et du renouveau. Comme l’astre qui décroît avant de retrouver sa plénitude, Hye-mi traverse une période de perte de repères avant d’entrevoir la possibilité d’un nouvel équilibre. Le récit aborde avec délicatesse la famille, le handicap, les préjugés sociaux et cette étape de la vie où l’on cherche simultanément à ressembler aux autres et à affirmer sa propre identité.

Réalisation : Jeong Jihye, un regard attentif aux réalités sociales

Née en 1995, la réalisatrice sud-coréenne Jeong Jihye a étudié la mise en scène à l’université Dongseo. Active principalement dans la région de Busan et du Gyeongsang du Sud, elle s’est progressivement imposée dans le cinéma indépendant coréen par son intérêt pour les personnages confrontés aux préjugés et aux difficultés de la vie quotidienne.

Après plusieurs courts métrages, elle réalise Jeong-sun en 2022, son premier long métrage. Le film reçoit notamment le grand prix de la compétition coréenne au Festival international du film de Jeonju, ainsi que le grand prix du jury et le prix d’interprétation féminine au Festival du film de Rome.

Avec Full Moon, son deuxième long métrage, elle poursuit cette exploration des blessures intimes et du poids du jugement social, cette fois à travers le regard d’une adolescente.

Le choix de tourner dans la région où elle a grandi participe à l’identité du film. Les paysages urbains et scolaires de Yangsan et de Changwon donnent au récit un ancrage concret, loin d’une représentation idéalisée de la jeunesse coréenne. La réalisatrice a également fait appel à des élèves et à des participants non professionnels, contribuant à la spontanéité de certaines scènes.

La mise en scène privilégie une approche sobre, attentive aux expressions et aux comportements. Plutôt que de réduire le récit à une succession d’incidents dramatiques, Jeong Jihye s’intéresse aux conséquences intimes d’un événement apparemment banal. La danse, les réseaux sociaux et les relations entre adolescents deviennent autant de moyens d’observer la manière dont se construisent les réputations et les exclusions.

Le film n’est toutefois pas exempt de quelques choix narratifs explicites : certaines situations annoncent assez tôt leur dénouement. Mais la justesse du travail avec les interprètes, notamment dans les scènes où les sentiments de Hye-mi restent contradictoires, constitue l’un de ses principaux atouts.

Casting : une distribution au service de l’émotion

Jung Minju — Hye-mi

Au centre du film, Jung Minju incarne une adolescente partagée entre son désir de reconnaissance et la peur de voir son intimité exposée. Son interprétation repose sur les contradictions du personnage : une assurance parfois provocante à l’extérieur, une grande vulnérabilité dès que son univers familial est menacé. La prestation de la jeune actrice constitue le cœur émotionnel du récit.

Kim Taeyeon

Elle fait partie de la distribution principale dans un rôle lié à l’entourage adolescent de Hye-mi. Les relations d’amitié, les rivalités et les sentiments amoureux constituent une composante essentielle du film.

Kim Keum-soon

Actrice sud-coréenne de cinéma et de télévision, Kim Keum-soon figure au casting principal de Full Moon. Sa présence s’inscrit dans le versant familial du récit, essentiel à la compréhension des difficultés de Hye-mi.

Kim Soy

Également créditée parmi les interprètes principales, Kim Soy participe à cette distribution qui mêle acteurs confirmés, jeunes interprètes et participants issus du milieu local.

Kang Minhwi

Il complète la distribution principale du film. Son nom figure au générique du festival, aux côtés des autres interprètes.

À cette distribution s’ajoute Lee Taeyang, qui interprète Jun, le garçon dont Hye-mi est amoureuse. Bien que son rôle soit secondaire, sa présence contribue à rendre crédible l’univers sentimental et social de l’adolescente.

Le film bénéficie plus largement d’un ensemble d’interprètes dont la complémentarité donne de la consistance aux relations entre personnages.

Fiche technique

  • Titre original : 풀문
  • Titre international : Full Moon
  • Pays : Corée du Sud
  • Année : 2026
  • Durée : 96 minutes
  • Genre : drame familial, récit initiatique
  • Réalisation : Jeong Jihye
  • Scénario : Jeong Jihye
  • Production : Cinemaru
  • Producteur : Lee Junsang
  • Productrice exécutive : Choi Nagyong
  • Image : Jung Jinhyeok
  • Montage : Kim Sunmin
  • Direction artistique : Kim Jio
  • Musique : Lee Minhwi
  • Costumes : Kim Hee-jae
  • Son : Park Cho-rong
  • Distribution internationale : M-Line Distribution
  • Format : DCP, couleur
  • Langue originale : coréen
  • Interprètes principaux : Jung Minju, Kim Taeyeon, Kim Keum-soon, Kim Soy, Kang Minhwi et Lee Taeyang
  • Festival : 31e Festival international du film de Busan, 2026
  • Présentation : première mondiale

Un palmarès qui distingue le cinéma indépendant coréen

À Busan, Full Moon a été distingué par trois récompenses de la sélection Vision-Korea : le prix CGV, le prix K-MOVIE et le prix du public coréen Songwon Vision. Ce triple résultat souligne à la fois l’accueil réservé au film et sa capacité à toucher différents publics.

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Avec cette œuvre, la cinéaste propose un regard nuancé sur l’adolescence et sur les mécanismes de honte qui peuvent s’installer au sein d’une société où l’image publique occupe une place importante. Son intérêt réside moins dans la recherche d’un coup d’éclat que dans l’observation des petits événements capables de bouleverser une vie.

Full Moon rappelle ainsi que grandir ne consiste pas seulement à conquérir sa place parmi les autres, mais aussi à accepter ce que l’on a longtemps voulu cacher. Une proposition sensible du cinéma indépendant sud-coréen, portée par une jeune interprète remarquée et une réalisatrice qui poursuit avec cohérence son exploration des fragilités humaines.

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