La présentation de la série Netflix « Scandal » s’est tenue dans la matinée du 9 au JW Marriott Dongdaemun Square, dans l’arrondissement de Jongno-gu à Séoul. Les acteurs Son Ye-jin, Ji Chang-wook et Nana ont assisté à l’événement. Secrets de haute société, désir interdit et jeux de pouvoir s’entremêlent dans The Scandal, qui revisite avec audace le célèbre roman épistolaire français Les Liaisons dangereuses, publié en 1782.

Transposée dans la Corée de la fin de la période Joseon, cette adaptation entend explorer les rapports de pouvoir, les conventions sociales et les désirs dissimulés derrière les apparences. À la réalisation, Jung Ji-woo, cinéaste reconnu notamment pour Happy End (1999) et Eungyo (2012), propose une relecture contemporaine d’une histoire déjà adaptée en Corée au cinéma avec Untold Scandal, sorti en 2003 et porté à l’époque par Lee Mi-sook, Bae Yong-joon et Jeon Do-yeon.

Au cœur de cette nouvelle version se trouve Lady Cho, interprétée par Son Ye-jin. Intelligente, ambitieuse et particulièrement consciente des limites imposées aux femmes de son époque, elle évolue dans une société où les conventions sociales et les apparences dictent les comportements. Maîtresse dans l’art de la manipulation, elle lance un pari dangereux à Cho Won, incarné par Ji Chang-wook, séducteur invétéré dont la réputation n’est plus à faire.

Le jeu prend toutefois une tournure inattendue lorsque Hui-yeon, interprétée par Nana, devient la cible de leur pari. Jeune veuve vivant dans un univers protégé, elle se retrouve progressivement confrontée à ses propres désirs et à la possibilité de choisir elle-même le cours de son existence. Entre séduction, manipulation et émancipation, les trois personnages vont ainsi se retrouver pris dans un engrenage susceptible de bouleverser leur destin.

Une Joseon élégante, mais traversée de tensions

Pour Jung Ji-woo, l’un des principaux enjeux du projet était de dépasser l’image parfois figée que l’on peut avoir de la société Joseon. Le réalisateur souhaitait montrer une époque sophistiquée, traversée de rapports sociaux complexes et de contradictions, tout en conservant l’élégance caractéristique des productions historiques coréennes.

Cette volonté se retrouve particulièrement dans la relation entre Lady Cho et Hui-yeon, qui occupe une place importante dans cette adaptation. Le réalisateur entend notamment explorer une dynamique féminine plus complexe que celle traditionnellement représentée dans les récits historiques.

Son Ye-jin, qui retrouve avec The Scandal le genre historique après une longue absence, s’est immédiatement intéressée à la possibilité d’étendre l’histoire originale au format sériel. L’actrice explique avoir été séduite par la profondeur psychologique de Lady Cho et par les multiples facettes d’un personnage dont les émotions véritables restent constamment dissimulées derrière une attitude parfaitement maîtrisée.

Pour construire ce rôle, elle a travaillé étroitement avec le réalisateur afin de comprendre les motivations profondes de Lady Cho. Ses gestes, ses dialogues et ses expressions doivent constamment suggérer un décalage entre ce que le personnage montre et ce qu’il ressent réellement.

Ji Chang-wook et Nana au cœur du jeu de séduction

Face à elle, Ji Chang-wook incarne Cho Won, présenté comme l’un des plus grands séducteurs de la Joseon. Contrairement à Lady Cho, qui agit avec méthode et ambition, Cho Won semble avant tout guidé par le plaisir, le jeu et la curiosité.

Le réalisateur a particulièrement apprécié la capacité de Ji Chang-wook à associer la douceur de son jeu habituel à une dimension plus malicieuse, donnant ainsi au personnage un charme à la fois séduisant et imprévisible.

Pour Nana, le rôle de Hui-yeon représente une étape importante dans son parcours d’actrice. Son personnage commence son histoire comme une jeune veuve protégée par son entourage et soumise aux règles de son époque. Sa rencontre avec Cho Won va progressivement réveiller chez elle le désir de prendre son destin en main.

Cette évolution constitue l’un des axes majeurs de The Scandal : derrière l’intrigue de séduction se dessine également le parcours d’une femme qui cherche à s’affranchir des choix imposés par la société.

Le hanbok comme reflet des personnages

La direction artistique occupe également une place centrale dans la série. Les costumes traditionnels coréens, les hanbok, ont été conçus par la célèbre créatrice Kim Young-jin, de la maison Tchai Kim Youngjin. Chaque personnage bénéficie d’une palette chromatique spécifique destinée à accompagner son évolution psychologique.

Pour Lady Cho, le vert clair constitue la couleur emblématique du personnage au début de l’histoire. Mais à mesure que son ambition et ses intentions se renforcent, ses costumes deviennent progressivement plus sombres.

Un choix esthétique qui dépasse donc la simple reconstitution historique : les vêtements participent directement à la narration et permettent de visualiser les transformations intérieures des protagonistes.

Avec son atmosphère raffinée, son intrigue de manipulation et son triangle amoureux placé sous le signe du désir et de la transgression, The Scandal entend ainsi revisiter un classique de la littérature européenne à travers le regard de la Corée de la Joseon. Une adaptation où les apparences seront plus que jamais trompeuses, et où derrière les règles d’une société parfaitement codifiée pourraient bien se cacher les passions les plus dangereuses.

Photos:© 09 septembre 2026 (Lee J.S./SL75)

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