À l’ouest de la ville de Niigata, dans l’arrondissement de Nishikan, le cap Kakuda (Kakuda Misaki) offre l’un des paysages côtiers les plus spectaculaires de la région. Ici, le relief de la montagne de Kakuda vient brusquement rencontrer la mer du Japon, dessinant une côte accidentée où falaises, rochers, sable et végétation composent un décor particulièrement saisissant.

Au pied du cap s’étend la plage de Kakudahama, vaste arc de sable dominé par la silhouette blanche du phare de Kakuda Misaki. Entre la plage et les falaises, un parcours piétonnier permet de découvrir cet environnement à pied, au plus près des formes sculptées par la mer. L’ensemble appartient au parc quasi-national de Sado-Yahiko-Yoneyama, vaste espace naturel qui protège notamment les paysages de la côte et du mont Kakuda.

Une côte façonnée par une longue histoire géologique

Le paysage de Kakuda ne doit rien au hasard. La montagne de Kakuda, haute de 481,7 mètres, forme avec le massif voisin de Yahiko l’un des reliefs caractéristiques de cette partie de Niigata. Ces montagnes côtières se sont formées dans un contexte de soulèvement tectonique, avant d’être progressivement modelées par l’érosion.

Au fil du temps, l’action combinée des vagues, du vent et des intempéries a entaillé les reliefs et donné naissance à ces falaises qui plongent aujourd’hui vers la mer. Le contraste est particulièrement frappant entre les pentes verdoyantes de Kakuda, les parois rocheuses et l’immense surface bleue de la mer du Japon.

Au niveau du rivage, cette érosion se lit directement dans le paysage : les avancées rocheuses alternent avec de petites anses et des secteurs sableux, tandis que les vagues continuent inlassablement de travailler la falaise.

La côte appartient au secteur du Echigo Nanaura, ou « sept rivages d’Echigo », célèbre pour ses paysages marins ponctués de rochers et de falaises. La route panoramique de l’Echigo Nanaura longe ainsi environ 5 kilomètres de littoral, entre Kakudahama et Maze.

Kakudahama, une longue plage ouverte sur l’horizon

En contrebas du cap, Kakudahama déroule sa large plage de sable au pied de Kakuda. Elle constitue le point de départ naturel pour découvrir le secteur et notamment le sentier menant au phare.

La plage est réputée pour la beauté de son panorama : face à elle s’étend le bleu profond de la mer du Japon, tandis que le phare blanc se détache nettement sur le relief verdoyant du cap. Par temps clair, le regard peut porter jusqu’à l’île de Sado, située au large, et les couchers de soleil sont particulièrement remarquables lorsque le soleil descend derrière l’horizon marin.

L’environnement est également très apprécié en été, avec ses espaces de plage, ses établissements saisonniers et son camping installé à proximité, au milieu d’une pinède.

Un sentier entre plage, rochers et falaises

L’une des particularités de Kakuda réside dans ce parcours piétonnier aménagé directement dans le relief côtier. Depuis Kakudahama, le chemin conduit vers le cap et le phare en longeant la falaise.

L’itinéraire prend rapidement de la hauteur. Escaliers, passages étroits et portions creusées ou aménagées dans la roche donnent au parcours un caractère presque sauvage. À mesure que l’on progresse, la plage s’éloigne sous les pas et la mer apparaît de plus en plus largement.

Ce chemin permet surtout de comprendre la relation étroite entre la montagne et la mer : d’un côté, les pentes boisées de Kakuda ; de l’autre, les parois rocheuses directement exposées aux vagues du Japon. Le panorama se transforme à chaque détour.

Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement d’une promenade côtière : le sentier du phare constitue également l’un des sept itinéraires permettant de gravir le mont Kakuda. Jusqu’au sommet, l’itinéraire est donné pour environ 2,8 kilomètres, avec près de deux heures de montée. Depuis le parcours, les vues s’ouvrent sur la côte d’Echigo Nanaura, la mer du Japon, Sado et, selon les conditions météorologiques, le mont Yoneyama.

Le phare blanc de Kakuda Misaki

Au sommet du promontoire, le phare apparaît comme un véritable point d’équilibre entre terre et mer. Sa silhouette blanche, simple et élancée, contraste avec le vert des pentes et le bleu de l’océan.

Le phare de Kakuda Misaki a été mis en service en 1959. Sa tour mesure 12,6 mètres, tandis que la hauteur de sa lumière atteint environ 49,7 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Il constitue un repère maritime important pour les navires empruntant les eaux du détroit de Sado.

Depuis ses abords, le panorama est remarquable : la côte s’étire de part et d’autre du cap, tandis que l’horizon semble se confondre avec la mer. Lorsque le ciel est dégagé, Sado apparaît au large.

Le phare a également reçu le label japonais « Koi suru Tōdai » – « phare des amoureux », distinction attribuée à des phares considérés comme particulièrement propices à une découverte romantique. À Kakuda, le coucher du soleil sur la mer et la présence de l’île de Sado renforcent naturellement cette atmosphère.

Une grotte qui fait entrer la légende dans le paysage

Sous le phare, la roche réserve une autre surprise : Hangan Funakakushi, deux cavités naturelles ouvertes dans la falaise.

Selon la tradition locale, c’est ici que Minamoto no Yoshitsune, poursuivi par son frère Yoritomo, aurait trouvé refuge avec son embarcation en 1187 alors qu’il cherchait à gagner Hiraizumi, dans le nord du Japon. Le récit appartient à la grande tradition des légendes liées à la fuite de Yoshitsune vers le nord. Le site est aujourd’hui classé comme bien culturel de la ville de Niigata.

Les deux cavités, creusées par l’action de la mer, sont de dimensions étonnamment importantes : la plus grande atteint environ 28 mètres de profondeur, pour 4 à 5 mètres de largeur. La seconde mesure environ 14 mètres de profondeur.

Cette présence donne au parcours une dimension supplémentaire. La roche n’est plus seulement un témoignage de l’histoire géologique du littoral : elle devient aussi le décor d’une histoire médiévale transmise au fil des siècles.

Quand la nature raconte plusieurs histoires à la fois

Kakuda Misaki séduit ainsi par la superposition de plusieurs paysages et de plusieurs temporalités. Il y a d’abord la géologie, visible dans les falaises et les formes du littoral ; puis la nature, avec la végétation qui recouvre les pentes de Kakuda ; enfin l’histoire humaine, incarnée par le phare et la légende de Yoshitsune.

Au printemps, le mont Kakuda se transforme en véritable jardin naturel : il est notamment réputé pour ses populations de katakuri — les érythrones du Japon — et de yukiwarisō, fleurs délicates qui apparaissent après la fonte des neiges. La montagne est d’ailleurs surnommée « la montagne des fleurs ».

À l’automne, les couleurs de la végétation donnent au littoral une tout autre physionomie, tandis que les journées plus limpides peuvent offrir de magnifiques perspectives sur la mer et Sado.

Un balcon naturel sur le Japon

Entre la grande plage de Kakudahama et le phare perché au-dessus de la mer, Kakuda Misaki constitue l’un de ces lieux où le paysage japonais semble se raconter à hauteur de marche. Le visiteur passe progressivement du sable aux rochers, des rochers aux escaliers, puis des escaliers au promontoire du phare.

Et lorsque l’on se retourne, le spectacle résume à lui seul le caractère du site : une plage claire, une montagne couverte de végétation, une côte sculptée par les vagues et, au-delà, l’immensité de la mer du Japon.

Un paysage à découvrir lentement, en prenant le temps d’observer les falaises, d’écouter le ressac et de laisser le regard partir vers l’horizon.

Informations pratiques : Kakudahama se trouve dans l’arrondissement de Nishikan, à Niigata. La plage dispose d’un important parking gratuit et est accessible depuis la gare de Maki par bus. Le parcours du phare comporte des escaliers et des passages en pente ; la prudence est recommandée par mauvais temps ou lorsque la mer est agitée.

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