À l’écart des grands ports japonais et des itinéraires touristiques les plus fréquentés, Matsuzaki conserve le charme discret des petits ports de la côte de Kumano. Situé dans le quartier d’Ōdomari, dans la ville de Kumano, à l’extrémité sud de la préfecture de Mie, le port s’ouvre sur les eaux du Kumano-nada, face à une côte où falaises, rochers volcaniques et forêts verdoyantes composent l’un des paysages les plus spectaculaires du Japon.

Aujourd’hui, Matsuzaki est notamment connu comme point de départ des excursions maritimes vers Tategasaki, mais son histoire est intimement liée à celle des communautés littorales de Kumano et à leur rapport ancestral avec la mer.
Un port ancré dans l’histoire de Kumano
Le secteur d’Ōdomari appartient à un territoire dont l’histoire est profondément marquée par la mer, les échanges et les croyances liées au monde de Kumano. À proximité, l’ancien lieu de Kodomari, associé à l’actuel quartier d’Isosaki, apparaît dans les sources historiques sous le nom de Kino-moto-gō Kodomari. La région était autrefois désignée comme Ōdomari-ura, un ancien espace portuaire de la baie.

Cette relation ancienne avec la mer se retrouve également dans les traditions religieuses locales. Le grand festival d’Isosaki-jinja conserve notamment une cérémonie maritime destinée à prier pour la sécurité des pêcheurs et l’abondance des prises. Ces traditions témoignent du rôle essentiel que la mer a longtemps joué dans la vie quotidienne et spirituelle des habitants.
Matsuzaki appartient aujourd’hui à l’ensemble portuaire de Kino-moto, administré au niveau préfectoral. Le port et les installations voisines sont notamment utilisés par de petites embarcations et des bateaux liés aux activités côtières.
Un port tourné vers la mer et le tourisme
Si Matsuzaki reste un petit port, son activité contemporaine s’est progressivement enrichie d’une dimension touristique. Il constitue aujourd’hui le principal point de départ des croisières d’observation de la côte de Kumano.
Depuis le quai, les bateaux suivent un itinéraire spectaculaire passant notamment devant Onigajō, la « grotte bleue » de Gama no Kuchi, puis devant Tategasaki et Kaikongō, avant de revenir à Matsuzaki. La promenade maritime dure environ 70 minutes.

Cette activité permet surtout de découvrir une partie de la côte difficilement accessible depuis la terre. Depuis la mer, les falaises prennent une dimension impressionnante et révèlent les formations géologiques caractéristiques de la région.
Le port constitue ainsi une discrète porte d’entrée vers un Kumano sauvage et maritime, complément naturel des itinéraires terrestres du Kumano Kodō.
Tategasaki, le grand spectacle de la côte
Au large se dresse l’un des monuments naturels les plus impressionnants de la région : Tategasaki. Cette immense masse rocheuse, située à l’entrée de la baie de Nigishima, atteint environ 80 mètres de hauteur pour 550 mètres de circonférence. Elle est classée depuis 1937 comme site naturel et lieu de beauté pittoresque de la préfecture de Mie.

Sa particularité réside dans ses impressionnantes orgues basaltiques, formées par le refroidissement du magma. Les colonnes de pierre, presque verticales, plongent directement dans la mer et donnent à la falaise son aspect monumental.

À proximité, Kaikongō prolonge ce paysage de falaises et de rochers, tandis que Gama no Kuchi, surnommée la « grotte bleue de Kumano », offre un spectacle plus intime : la lumière se reflète sur l’eau à l’intérieur de cette cavité marine et lui donne des nuances bleutées particulièrement saisissantes.
Entre mer, montagne et forêt
La beauté de Matsuzaki tient aussi au contraste entre la mer et les montagnes. À quelques pas du port, le paysage change rapidement : aux eaux profondes du Kumano-nada répondent les reliefs boisés de la péninsule de Kii.
Tout près, la plage d’Ōdomari offre un autre visage de la côte. Son sable clair est dominé par des montagnes couvertes de végétation, tandis que le célèbre Onigajō, classé monument naturel et lieu de beauté pittoresque, marque le paysage de ses falaises sculptées par les vagues.

Plus loin, les chemins du Kumano Kodō, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO au sein du site « Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii », permettent de retrouver cette alliance caractéristique de Kumano entre forêt profonde, montagne et océan.

Depuis les hauteurs du col de Matsumoto, les marcheurs peuvent notamment embrasser du regard la côte et la longue plage de Shichiri-Mihama, offrant l’une des nombreuses perspectives remarquables sur ce territoire.
Un petit port, une grande fenêtre sur Kumano
Matsuzaki n’est donc pas un port spectaculaire par sa taille. Sa richesse réside ailleurs : dans son échelle humaine, son histoire maritime et surtout dans la relation privilégiée qu’il entretient avec l’une des côtes les plus sauvages de la péninsule de Kii.
Quelques embarcations, un quai discret et les montagnes en arrière-plan suffisent à créer une atmosphère paisible. Pourtant, au départ de ce petit port s’ouvre un monde de falaises monumentales, de grottes marines, de forêts et de rochers façonnés par les forces volcaniques.
À Matsuzaki, la mer n’est jamais très loin. Elle demeure à la fois un héritage, une activité et une porte ouverte sur les paysages grandioses de Kumano.
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