À Kyoto, les jardins du sanctuaire Heian-jingū offrent en été une autre manière de découvrir la ville. Loin de l’agitation des grandes avenues, les bassins, les arbres et les chemins de promenade composent un paysage où l’eau et la végétation occupent une place centrale.

Le sanctuaire Heian-jingū a été édifié en 1895, à l’occasion du 1100ᵉ anniversaire de l’installation de la capitale à Kyoto. Ses jardins, aménagés progressivement entre la fin de l’ère Meiji et le XXᵉ siècle, constituent aujourd’hui l’un des exemples importants de l’art paysager japonais moderne. Les trois premiers jardins ont notamment été conçus par Ogawa Jihei VII, célèbre paysagiste de Kyoto, auquel on doit une utilisation particulièrement harmonieuse de l’eau et des pierres.

En été, les jardins changent de caractère. Les feuillages deviennent plus denses, les rives des étangs se couvrent de verdure et les nénuphars apportent des touches délicates à la surface de l’eau. Les différentes floraisons se succèdent au fil des saisons, donnant aux jardins une atmosphère toujours renouvelée.

© 2026 (SL75)

L’un des éléments les plus remarquables se trouve dans le jardin oriental, le Taiheikaku, également appelé Shōbikan. Cette élégante passerelle couverte en bois traverse le bassin et constitue l’un des symboles du paysage de Heian-jingū. Son architecture rappelle les anciennes constructions impériales et se distingue par son toit couvert de bardeaux de cyprès ainsi que par son pavillon central à deux niveaux. À l’intérieur, des bancs permettent de s’arrêter quelques instants pour contempler l’étang et les jardins.

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Le Taiheikaku possède également une histoire particulière : il a été construit à l’origine sur les terrains du palais impérial de Kyoto avant d’être transféré dans les jardins de Heian-jingū. Son architecture s’inscrit dans l’inspiration des grands jardins de promenade de l’époque d’Edo, où les pavillons et les structures installées au bord de l’eau permettaient d’apprécier le paysage depuis différents points de vue.

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En été, lorsque la lumière se reflète sur l’étang et que les feuillages encadrent la passerelle, le Taiheikaku semble presque flotter au-dessus de l’eau. Cette association entre bois, eau et végétation résume à elle seule l’esprit des jardins de Heian-jingū : un paysage conçu pour être parcouru lentement, observé au fil des saisons et apprécié dans ses détails.

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À Heian-jingū, l’été ne transforme donc pas seulement le décor. Il révèle une facette plus paisible de Kyoto, où l’architecture et la nature se répondent dans un équilibre soigneusement composé.

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