La ville de Kōchi, sur l’île de Shikoku, accueille depuis lundi l’un de ses rendez-vous estivaux les plus emblématiques : le festival Yosakoi. Pour cette édition 2026, environ 18 000 danseurs répartis en 197 équipes, venues de Kōchi et d’autres régions du Japon, participent à trois jours de festivités, jusqu’à mercredi.

Vêtus de costumes aux couleurs éclatantes, les danseurs évoluent au rythme de chorégraphies collectives particulièrement dynamiques. Leur passage est accompagné du claquement caractéristique des naruko, de petits instruments en bois traditionnellement utilisés pour effrayer les oiseaux dans les rizières. Transformés en accessoires musicaux, ils sont devenus l’un des symboles indissociables du Yosakoi.

les fortes températures estivales imposent une vigilance particulière aux organisateurs et aux participants.
Une tradition née en 1954
Le festival de Kōchi trouve son origine en 1954, dans un contexte d’après-guerre marqué par la volonté de redonner de l’élan à la population locale. Le Yosakoi avait alors été imaginé comme une manifestation destinée à prier pour la santé et la prospérité des habitants, tout en encourageant la revitalisation économique et sociale de la ville.

Inspirée notamment de danses folkloriques japonaises, la danse Yosakoi s’est progressivement distinguée par son caractère libre et énergique. Son principe repose sur l’utilisation des naruko et sur des chorégraphies collectives, mais les équipes disposent d’une grande liberté pour créer leurs propres mouvements, costumes et arrangements musicaux.

Au fil des décennies, le festival de Kōchi a ainsi acquis une dimension spectaculaire. Des milliers de danseurs investissent les rues et différents sites de la ville, transformant Kōchi en une vaste scène à ciel ouvert. Le phénomène a également largement dépassé les frontières de la préfecture : des festivals inspirés du Yosakoi sont aujourd’hui organisés dans de nombreuses régions du Japon et même à l’étranger.
Une fête populaire confrontée aux fortes chaleurs
Cette édition est toutefois placée sous le signe de la prévention. Ces dernières années, plusieurs danseurs avaient souffert de coups de chaleur, certains limitant leur consommation de boissons afin d’éviter les files d’attente devant les toilettes, particulièrement fréquentées pendant le festival.

Pour réduire ce risque, les organisateurs ont pris cette année des mesures spécifiques. Les participants et les spectateurs peuvent notamment accéder aux sanitaires de plusieurs installations publiques, tandis que des toilettes mobiles habituellement utilisées lors des opérations de secours en cas de catastrophe ont été installées sur les différents sites.
Les festivités avaient débuté dimanche soir avec plusieurs événements précédant le programme principal. Pendant trois jours, les formations se succèdent donc dans une atmosphère à la fois festive et compétitive, perpétuant une tradition vieille de plus de sept décennies.

À Kōchi, le Yosakoi demeure un rendez-vous populaire profondément ancré dans l’identité locale, où la créativité contemporaine se mêle à une tradition née au milieu du XXe siècle.
© 2026 (SL75)
.




