Du 28 août au 25 octobre 2026, le Festival du patrimoine mondial invite à découvrir une autre facette de la Corée du Sud, loin des gratte-ciel et des néons de Séoul. Pour sa septième édition, l’événement propose une série de programmes consacrés à plusieurs territoires emblématiques, des anciens tumuli de Gaya aux paysages volcaniques de Jeju, en passant par les temples et académies historiques d’Andong.

Organisé par le Service du patrimoine coréen, le festival s’inscrit dans une politique de valorisation des sites coréens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Visites nocturnes, randonnées, ateliers archéologiques, spectacles, expéditions et expériences dans les temples permettent au public de découvrir ces lieux autrement, tout en prenant conscience de leur valeur historique, culturelle ou naturelle.

Un festival né en 2020

Le Festival du patrimoine mondial a été lancé en 2020, à l’initiative de l’administration coréenne chargée du patrimoine culturel. La première édition s’est notamment concentrée sur les neuf académies néo-confucéennes coréennes, les seowon, récemment inscrites sur la Liste du patrimoine mondial, ainsi que sur plusieurs sites de Gyeongsangbuk-do et de Jeju.

L’objectif était alors de dépasser une approche fondée uniquement sur la conservation des monuments pour permettre au public de vivre le patrimoine et d’en comprendre la signification. Dès les premières éditions, spectacles traditionnels, conférences, expositions, reconstitutions historiques et activités participatives ont ainsi été associés aux visites des sites.

Le concept s’est progressivement développé. En 2022, par exemple, le festival était organisé à Andong, Yeongju, Suwon et Jeju, avec des programmes mêlant patrimoine, spectacles et expériences pratiques. En 2025, le rendez-vous s’était encore élargi, avec notamment des étapes à Jeju, Gochang, Suncheon et Gyeongju.

Cette évolution traduit une volonté nouvelle des autorités : faire du patrimoine un espace vivant, partagé par les habitants comme par les visiteurs étrangers, plutôt qu’un ensemble de sites historiques simplement observés.

Sur les traces de l’ancienne civilisation de Gaya

Le festival débutera le 28 août autour des Tumuli de Gaya, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2023. Répartis sur sept ensembles funéraires dans le sud de la péninsule, ces tumuli témoignent d’une civilisation qui s’est développée du Ier au VIe siècle de notre ère.

Sous le thème « Marchons ensemble, compagnon », les visiteurs pourront découvrir ces anciens paysages funéraires à travers des promenades historiques, des observations du ciel nocturne ou encore des simulations de fouilles archéologiques. De jeunes guides locaux participeront également aux visites.

Les tumuli constituent une source majeure pour comprendre la société de Gaya, son organisation politique et ses échanges avec les royaumes voisins. Les sépultures et le mobilier funéraire retrouvés sur les sites ont notamment apporté de nombreuses informations sur cette civilisation longtemps moins connue du grand public que les royaumes de Baekje, Silla ou Goguryeo.

Jeju, entre volcans et tunnels de lave

En octobre, le festival prendra la direction de Jeju, dans un environnement radicalement différent. L’« île volcanique de Jeju et ses tunnels de lave » est inscrite au patrimoine mondial depuis 2007. Le bien UNESCO comprend notamment le système de tunnels de lave de Geomunoreum, le cône de tuf de Seongsan Ilchulbong et le mont Halla.

Sous le thème « Patrimoine et au-delà », des randonnées guidées permettront d’explorer les paysages volcaniques de l’île, notamment le parcours de lave reliant Geomunoreum à la côte.

Certaines expéditions proposeront également un accès exceptionnel à des cavités habituellement fermées au public, parmi lesquelles Bengdwigul et Gimnyeonggul. Des programmes de plusieurs jours sont également prévus dans les paysages montagneux du mont Halla.

Cette ouverture reste toutefois étroitement encadrée. Les tunnels de lave constituent des milieux particulièrement fragiles et leur fréquentation doit être contrôlée afin de préserver leurs formations géologiques et leur environnement.

Jeju possède à ce titre une double valeur patrimoniale : l’île constitue à la fois un témoignage remarquable de l’histoire volcanique de la Terre et un environnement naturel abritant une importante biodiversité.

Andong, au cœur des traditions coréennes

La dernière étape du festival conduira les visiteurs à Andong, région particulièrement associée aux traditions confucéennes et bouddhiques de la Corée.

Au temple Bongjeongsa, l’un des plus anciens temples bouddhiques du pays, des retraites permettront de passer une nuit dans un environnement consacré à la méditation et à la découverte de la tradition monastique coréenne.

À Byeongsan Seowon, ancienne académie confucéenne, des spectacles nocturnes mettront en valeur l’architecture traditionnelle et l’héritage intellectuel de la période Joseon.

Byeongsan Seowon appartient à l’ensemble des académies néo-confucéennes coréennes, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2019. Ces institutions jouaient autrefois un rôle essentiel dans l’éducation et la formation des élites intellectuelles de la société Joseon.

La région d’Andong possède également un patrimoine architectural et paysager exceptionnel, notamment avec le village historique de Hahoe, inscrit au patrimoine mondial avec Yangdong depuis 2010.

Un patrimoine à découvrir, mais aussi à préserver

L’un des enjeux majeurs du festival est précisément de trouver un équilibre entre ouverture au public et protection des sites.

Plusieurs programmes, notamment les explorations souterraines et certaines retraites dans les temples, nécessiteront une inscription préalable. Le nombre de participants pourra être limité et certaines activités soumises à des mesures de sécurité spécifiques.

Cette approche accompagne une évolution plus générale de la politique patrimoniale sud-coréenne. L’objectif n’est plus seulement de préserver des monuments, mais aussi de transmettre leur histoire, de faire participer les communautés locales et de permettre aux visiteurs de comprendre les liens qui unissent patrimoine, territoire et population.

Depuis son lancement en 2020, le Festival du patrimoine mondial est ainsi devenu un rendez-vous itinérant, capable de réunir archéologie, histoire, architecture, spiritualité et patrimoine naturel autour des sites coréens reconnus par l’UNESCO.

Des tombeaux de Gaya aux tunnels de lave de Jeju, jusqu’aux temples et académies d’Andong, l’édition 2026 propose une immersion dans une Corée moins connue, où le patrimoine ne se limite pas aux palais royaux et aux monuments célèbres.

Un voyage à travers plusieurs siècles d’histoire coréenne, mais aussi une invitation à regarder autrement ces paysages et ces lieux qui continuent de faire vivre la mémoire du pays.

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