À mi-chemin entre le thriller occulte, le drame historique et la dark fantasy, « The East Palace », nouvelle production originale de Netflix, s’annonce comme l’une des séries coréennes les plus ambitieuses de l’année. Disponible à partir du 17 juillet, cette fresque en huit épisodes renouvelle le genre en mêlant chamanisme coréen, intrigues de cour et horreur surnaturelle dans une mise en scène particulièrement soignée.

L’histoire débute au cœur du palais royal de Joseon, où une mystérieuse malédiction semble s’abattre sur la famille régnante. Les héritiers du trône meurent les uns après les autres dans des circonstances inexpliquées, tandis qu’une ancienne légende refait surface : un esprit vengeur vivant dans l’étang du palais serait revenu pour anéantir toute la lignée royale. D’abord sceptique, le roi, interprété par Cho Seung-woo, est contraint de revoir ses certitudes lorsque son dernier fils s’effondre à son tour.
Dans le plus grand secret, il fait appel à Gu-cheon (Nam Joo-hyuk), un chasseur de démons capable de franchir la frontière séparant le monde des vivants de celui des esprits. Accompagné de Saeng-gang (Roh Yoon-seo), une dame de cour dotée du pouvoir d’entendre les morts, il entreprend de remonter l’origine de la malédiction et découvre peu à peu les secrets enfouis sous les fondations mêmes du palais.
Écrite par Kwon So-ra et Seo Jae-won, déjà remarqués pour The Guest (2018), la série abandonne les codes habituels des drames historiques et des récits de zombies pour proposer un univers inédit que ses créateurs qualifient de « Joseon Gothic occult action ». L’atmosphère repose sur une fusion réussie entre les croyances chamaniques coréennes et les codes de la fantasy occidentale, donnant naissance à une œuvre aussi spectaculaire qu’inquiétante.
L’un des grands atouts de The East Palace réside dans son traitement visuel. Le palais de Joseon possède son double dans un monde spirituel déformé, où les lois de la physique disparaissent et où les ténèbres règnent. Cette réalité parallèle, véritable reflet cauchemardesque du palais royal, devient le théâtre d’affrontements aussi impressionnants que déroutants.

Au-delà de ses séquences d’action et de ses créatures surnaturelles, la série développe surtout une réflexion sur les mécanismes du pouvoir. Le palais apparaît comme un lieu où les plus faibles sont sacrifiés au profit des ambitions politiques des élites. Les dames de cour, les rivaux et tous ceux qui menacent l’ordre établi deviennent les victimes d’un système impitoyable où la véritable monstruosité ne provient pas des fantômes, mais des êtres humains eux-mêmes.
Cette dimension politique donne une profondeur inattendue au récit. La quête de Gu-cheon et Saeng-gang ne consiste plus seulement à lever une malédiction : elle devient une lutte contre un ordre établi fondé sur la peur, l’injustice et la manipulation.

Servie par une réalisation élégante, une photographie sombre et une distribution de premier plan menée par Cho Seung-woo, Nam Joo-hyuk et Roh Yoon-seo, The East Palace s’impose comme une œuvre singulière dans le paysage des productions coréennes. Entre horreur gothique, suspense politique et folklore coréen, Netflix livre une série ambitieuse dont l’atmosphère oppressante et les thèmes universels devraient marquer durablement les amateurs de cinéma de genre.
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