Le gouvernement japonais a un objectif ambitieux : doubler, d’ici à 2040, la proportion de femmes dans les filières scientifiques, technologiques, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM). Cette stratégie s’accompagnera d’un soutien accru aux universités engagées en faveur d’une meilleure parité.

Face à la pénurie persistante de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs scientifiques et industriels, l’exécutif entend renforcer la présence féminine dans les 17 domaines stratégiques identifiés comme prioritaires pour l’avenir économique du pays, parmi lesquels figurent les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle.

« Nous allons agir rapidement pour accroître la participation des femmes et élever le niveau de compétences dans ces secteurs », a déclaré la Première ministre Sanae Takaichi lors d’une réunion consacrée à cette nouvelle feuille de route.

L’un des principaux objectifs consiste à faire passer la part des femmes inscrites dans les départements universitaires d’ingénierie de 18 % en 2025 à 36 % d’ici 2040. Le gouvernement prévoit également de développer les écoles techniques et les cursus universitaires susceptibles de répondre aux besoins de l’économie japonaise.

Au-delà de l’enseignement supérieur, le plan prévoit d’améliorer les conditions de travail dans des secteurs traditionnellement masculins, comme la construction navale et l’industrie de la défense. Le recours accru à la robotique et aux technologies de travail à distance devrait permettre de réduire les contraintes physiques de certains métiers et de les rendre plus accessibles.

Afin de favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, le gouvernement étudiera également la mise en place de nouvelles mesures de soutien, notamment des incitations fiscales destinées aux services de garde d’enfants et d’aide à domicile. Le renforcement des services proposés par les cliniques spécialisées dans la santé des femmes figure également parmi les priorités.

Des écarts très marqués selon les filières

Si les femmes représentent près de la moitié des diplômés de l’enseignement supérieur au Japon, leur présence reste très inégale selon les domaines d’études. Les statistiques de l’OCDE pour 2023 montrent qu’elles ne constituent que 16,5 % des étudiants en ingénierie, fabrication et construction, contre 83,5 % d’hommes, ce qui place le Japon au dernier rang des pays de l’OCDE dans cette catégorie. Dans les sciences, mathématiques et statistiques, les femmes représentent 28,8 % des nouveaux inscrits, tandis qu’elles sont majoritaires dans les filières de santé et d’action sociale, où elles comptent pour 66,7 % des étudiants. Plus largement, les femmes ne représentent que 18,5 % des nouveaux étudiants inscrits dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), un niveau également parmi les plus faibles de l’OCDE.

Ces disparités s’expliquent autant par des stéréotypes persistants concernant les choix d’orientation que par le manque de modèles féminins dans les carrières scientifiques.

Malgré d’excellents résultats scolaires en mathématiques et en sciences, les lycéennes japonaises restent nettement moins nombreuses que les garçons à s’orienter vers les études d’ingénierie et les métiers technologiques.

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