Tokyo. Face à la fermeture effective du détroit d’Ormuz, l’une des principales voies maritimes mondiales pour le transport du pétrole, le Japon est parvenu à réorganiser rapidement ses sources d’approvisionnement. La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a annoncé jeudi que les importations de brut prévues pour le mois de juillet devraient retrouver un niveau proche de 100 % de celui enregistré l’an dernier.

Lors d’une réunion ministérielle consacrée au Moyen-Orient à la résidence du Premier ministre, Sanae Takaichi a affirmé que le pays disposait désormais des moyens nécessaires pour garantir un approvisionnement stable en pétrole jusqu’à la fin du mois de mars 2028. Une performance qui témoigne de la capacité du Japon à sécuriser ses importations malgré les perturbations affectant l’un des couloirs énergétiques les plus stratégiques de la planète. Jusqu’à récemment, plus de 90 % du pétrole brut importé par le Japon provenait du Moyen-Orient et transitait majoritairement par le détroit d’Ormuz. Face à la crise, Tokyo a accéléré sa stratégie de diversification. Le pays a ainsi obtenu des cargaisons empruntant des itinéraires alternatifs depuis le Moyen-Orient, mais également auprès d’au moins quatorze pays situés hors de la région, parmi lesquels les États-Unis, le Mexique, l’Azerbaïdjan et plusieurs États africains.



Les importations en provenance des États-Unis devraient notamment être multipliées par plus de dix en juillet par rapport à la même période de l’année précédente. Alors que la demande japonaise s’élève à environ 2,24 millions de barils par jour, les arrivages prévus pour le mois prochain atteindraient en moyenne 2,4 millions de barils quotidiens. Une amélioration notable, puisque fin mai, le gouvernement estimait encore que les approvisionnements alternatifs de juin ne couvriraient qu’environ 80 % des volumes habituels. Selon les autorités, le maintien d’importations alternatives représentant au moins 75 % des niveaux de l’an dernier à partir du mois d’août permettrait, grâce aux réserves stratégiques du pays, d’assurer la sécurité énergétique du Japon jusqu’en mars 2028. Le gouvernement a par ailleurs confirmé qu’il ne puiserait pas dans les réserves nationales de pétrole au cours du mois de juin.

Cette réorientation des approvisionnements n’est toutefois pas sans conséquences. Les nouvelles routes maritimes et la concurrence accrue pour accéder aux cargaisons disponibles devraient entraîner une hausse des coûts de transport. Une augmentation des prix des carburants et des produits pétroliers au Japon apparaît ainsi difficilement évitable. Le défi est également technique. Les raffineries japonaises sont principalement conçues pour traiter un pétrole brut de densité moyenne provenant du Moyen-Orient. Afin de pouvoir utiliser le pétrole plus léger importé des États-Unis et d’autres fournisseurs, les opérateurs sont contraints de le mélanger avec du brut moyen avant raffinage.



Alors que le Japon semble avoir trouvé une solution durable, plusieurs pays asiatiques continuent de subir les conséquences de la crise énergétique. Aux Philippines, où plus de 90 % des importations de pétrole dépendaient également du Moyen-Orient, l’état d’urgence énergétique reste en vigueur et les autorités appellent la population à réduire sa consommation de carburant. L’Inde a également demandé à ses citoyens de privilégier les transports publics et le télétravail lorsque cela est possible.
Sur le plan diplomatique, Sanae Takaichi entend porter la question de la sécurité énergétique au niveau international. Lors du sommet du G7 qui s’ouvrira lundi en France, elle présentera trois principes destinés à renforcer la coopération en matière de sécurité énergétique et à soutenir le développement de réserves pétrolières dans les pays d’Asie et d’autres régions du monde.
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