Le temps d’un week-end, le musée Guimet ouvre une fenêtre vibrante sur l’un des trésors les plus singuliers de la culture coréenne : le pansori. Cet art du récit chanté, à la fois intime et spectaculaire, transporte le public dans un univers où la voix seule suffit à faire naître personnages, paysages et émotions.

© (Unesco/SL75)

Né au XVIIIe siècle dans les foires et marchés du sud-ouest de la péninsule coréenne, le pansori était à l’origine porté par des artistes itinérants, proches du peuple. Ces chanteurs, accompagnés d’un unique tambour, racontaient des histoires mêlant humour, satire sociale et drames émouvants. Au fil du temps, cet art populaire a conquis les élites lettrées, qui y ont apporté une exigence littéraire accrue, enrichissant les récits de poésie et de subtilité, sans jamais rompre avec ses racines. Aujourd’hui encore, le pansori demeure un art vivant, oscillant entre tradition et réinvention.

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Le week-end proposé par le musée offre une immersion complète dans cet univers. Point d’orgue de la programmation, Le dit de Chunhyang, épouse fidèle sera présenté le vendredi 24 avril à 20h à l’auditorium Jean-François Jarrige. Cette œuvre est la plus célèbre des cinq pansoris classiques transmis jusqu’à nos jours, mais aussi l’une des plus ambitieuses. La chanteuse Jung Yoo Sook, héritière d’une grande lignée artistique, en propose une version condensée de 2h30, fidèle à l’esprit originel. Elle y conserve les célèbres nundaemok, ces moments d’intensité dramatique considérés comme les joyaux du répertoire, tout en rendant accessible une intrigue riche en rebondissements et en émotions.

© (Unesco/SL75)

Le lendemain, samedi 25 avril à 16h, une rencontre littéraire gratuite intitulée Le pansori : la voix de la Corée, du rire aux larmes permettra d’explorer les multiples facettes de cet art. Entre conférence et performance, cet événement réunira universitaires, traducteurs et artistes de scène pour éclairer les enjeux historiques, esthétiques et contemporains du pansori, dans un dialogue vivant entre parole et interprétation.

La soirée du samedi se poursuivra avec la projection du film Le Chant de la fidèle Chunhyang, réalisé par Im Kwon-taek. Présenté au Festival de Cannes en 2000, ce long-métrage propose une adaptation cinématographique du célèbre récit, fusionnant le langage du cinéma avec celui du pansori. Introduite par le traducteur Hervé Péjaudier, la séance promet de prolonger l’expérience artistique en offrant un autre regard sur cette histoire d’amour contrarié.

Enfin, le dimanche 26 avril à 16h, Le dit du bon Heungbo et de son odieux frère Nolbo viendra clore ce week-end. Destiné à un public familial, ce récit mêle humour, fantastique et morale, à travers l’histoire d’un homme pauvre récompensé pour sa bonté et d’un frère riche puni pour sa cupidité. Porté par des artistes de talent, ce spectacle d’une heure dix illustre parfaitement la richesse expressive du pansori.

© (Unesco/SL75)

Entre spectacles, rencontres et cinéma, ce week-end au musée Guimet propose une plongée sensible dans un art où la voix devient monde, et où chaque inflexion raconte l’âme d’un peuple.

Réservations et informations sur www.guimet.fr

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