Il y a des alignements qui ne doivent rien au hasard. Cette année, sur les marches du Festival de Cannes, le Japon signe un retour aussi discret que retentissant. Trois de ses cinéastes les plus respectés à l’international, Hirokazu Kore-eda, Ryusuke Hamaguchi et Koji Fukada, seront en lice pour la Palme d’Or lors de la 79e édition, prévue du 12 au 23 mai. Un événement rare : il faut remonter à 2001 pour retrouver une telle présence japonaise dans la compétition officielle.

© (Cannes Festival)

À l’époque, Kore-eda présentait « Distance » aux côtés de figures comme Takashi Miike et Nobuhiro Suwa. Vingt-cinq ans plus tard, le paysage a changé, mais l’ambition reste intacte. Et c’est justement Kore-eda qui ouvre la marche avec « Sheep in the Box », son huitième film en compétition. Fidèle à son art délicat de l’intime, le cinéaste imagine ici un futur proche où un couple endeuillé accueille chez lui un humanoïde conçu à l’image de leur fils disparu. Porté par Haruka Ayase et Daigo, le film marque aussi son retour à un scénario original japonais depuis le triomphe de Une affaire de famille, Palme d’Or en 2018.

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À ses côtés, Ryusuke Hamaguchi poursuit son exploration des liens humains avec « All of a Sudden », une coproduction entre la France et le Japon. Le récit suit la rencontre entre une directrice d’établissement de soins, incarnée par Virginie Efira, et un metteur en scène japonais en fin de vie, joué par Tao Okamoto. Adapté d’une correspondance entre deux penseuses contemporaines, le film s’inscrit dans la continuité d’une œuvre marquée par la parole et le temps long. Hamaguchi revient ainsi à Cannes cinq ans après « Drive My Car », récompensé pour son scénario avant de conquérir les Oscars.

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Plus discret mais tout aussi attendu, Koji Fukada signe avec « Nagi Notes » sa première entrée en compétition officielle. Le film suit une sculptrice installée dans la campagne d’Okayama, interprétée par Takako Matsu. Une trajectoire contemplative qui prolonge les thématiques chères au réalisateur, déjà salué à Cannes en 2016 pour Harmonium, lauréat du prix du jury dans la section Un Certain Regard.

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Et le Japon ne s’arrête pas là. La cinéaste Yukiko Sode présentera « All the Lovers in the Night » dans la section Un Certain Regard, adaptation d’un roman de Mieko Kawakami. De son côté, Kiyoshi Kurosawa fera son entrée en sélection Cannes Première avec « The Samurai And The Prisoner », tiré d’une œuvre primée de Honobu Yonezawa.

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Plus qu’une simple coïncidence, cette présence multiple dessine les contours d’un moment charnière. Entre héritage et renouvellement, le cinéma japonais s’impose à nouveau comme une force majeure sur la scène mondiale. À Cannes, en mai prochain, il ne sera pas seulement question de compétition, mais d’un dialogue entre regards, mémoires et futurs possibles.

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