Avec « Made in Korea », Woo Do-hwan referme un chapitre particulièrement important de sa carrière. Après près de trois années consacrées à cette ambitieuse série originale Disney+, l’acteur sud-coréen de 34 ans considère cette expérience comme bien plus qu’un nouveau rôle : une étape de réflexion et de maturation, au contact de deux figures majeures du cinéma coréen, Hyun Bin et Jung Woo-sung.

Réalisée par Woo Min-ho, « Made in Korea » plonge dans la Corée des années 1970, une période marquée par les bouleversements politiques, les ambitions économiques et les luttes de pouvoir. Au centre du récit se trouvent Baek Ki-tae, interprété par Hyun Bin, homme prêt à tout pour gravir les échelons du pouvoir et de la richesse, et Jang Gun-young, procureur incarné par Jung Woo-sung, déterminé à le poursuivre.

Woo Do-hwan interprète Baek Ki-hyun, le frère cadet de Ki-tae. Officier d’élite sorti major de son académie militaire, Ki-hyun bénéficie d’une trajectoire prometteuse au sein de l’appareil sécuritaire sud-coréen. Mais derrière cette réussite se cache une volonté profonde de ne pas rester dans l’ombre de son frère aîné. Entre admiration, loyauté familiale, ressentiment et désir d’émancipation, sa relation avec Ki-tae constitue l’un des ressorts essentiels de la série.

Un rôle particulièrement exigeant pour Woo Do-hwan, qui a accompagné l’évolution de son personnage sur les deux saisons de la production. « Vivre avec Ki-hyun pendant une aussi longue période m’a permis de franchir une nouvelle étape en tant qu’acteur », a-t-il expliqué.
Une expérience qui lui a permis de prendre du recul
Quelques mois après la fin du tournage, l’acteur conserve un souvenir très présent de cette longue aventure. « Comme cela ne fait qu’un peu plus de six mois que nous avons terminé, je ressens encore un attachement persistant à cette série », a-t-il confié lors d’un entretien accordé au Korea Times à Séoul.
Après plus d’une décennie passée à occuper régulièrement des rôles principaux, Woo Do-hwan estime que « Made in Korea » est arrivé à un moment particulier de son parcours. Retrouver un grand ensemble d’acteurs expérimentés lui a notamment rappelé ses premières années dans le métier.
« Cela faisait très longtemps que je n’avais pas tourné avec autant d’acteurs expérimentés, probablement depuis “Master” en 2016 », a-t-il expliqué. Selon lui, cette expérience lui a permis de revenir à une période de sa carrière où il évoluait encore aux côtés de comédiens plus aguerris.
« Après plus de dix ans à porter moi-même les rôles principaux, j’avais atteint un moment où je voulais m’arrêter et regarder le chemin parcouru », a-t-il ajouté. Le tournage lui a ainsi offert l’occasion d’observer, d’apprendre et de s’appuyer sur des acteurs qu’il considère comme des références. Pour Woo Do-hwan, cette dimension constitue l’un des aspects les plus importants de l’aventure et même un véritable tournant dans son parcours artistique.
Aux côtés de Hyun Bin et Jung Woo-sung
L’acteur ne cache pas son admiration pour ses deux partenaires principaux. Avec une différence d’âge d’environ vingt ans avec Jung Woo-sung et de dix ans avec Hyun Bin, Woo Do-hwan a abordé cette collaboration comme une occasion d’observer deux générations différentes d’acteurs confirmés.

« Leur simple présence sur le plateau m’a donné énormément de choses à apprendre », a-t-il raconté. Cette expérience l’a également amené à réfléchir à sa propre carrière et au comédien qu’il souhaiterait devenir dans dix ou vingt ans.
La relation développée avec Hyun Bin semble avoir occupé une place particulière. Si l’atmosphère du tournage restait très sérieuse compte tenu du sujet et de la tonalité de la série, les deux acteurs ont progressivement noué une relation fraternelle en dehors des scènes.
« La série était très lourde, nous restions donc sérieux pendant le tournage, mais après le travail, il était comme un véritable grand frère pour moi », a raconté Woo Do-hwan. Une proximité qu’il dit vouloir conserver comme l’un des souvenirs les plus chaleureux de cette production.
Une dernière scène devenue particulièrement commentée
La conclusion de « Made in Korea » a également placé Woo Do-hwan au centre des discussions. Dans la scène finale, Ki-hyun pointe une arme sur son frère Ki-tae, un moment qui a suscité de nombreuses réactions parmi les spectateurs et certains reproches adressés au personnage, considéré par une partie du public comme le véritable antagoniste de l’histoire.
L’acteur dit avoir été surpris par l’ampleur de ces réactions. « Je ne pensais pas qu’un personnage pouvait susciter autant de réactions chez les spectateurs », a-t-il déclaré avec amusement, estimant que les discussions autour de Ki-hyun montrent aussi que la série a laissé suffisamment de matière aux téléspectateurs pour interpréter son évolution.
Le geste final avait en outre été longuement réfléchi pendant le tournage. Woo Do-hwan explique avoir testé différentes manières de sortir l’arme et plusieurs tonalités afin de déterminer comment cette scène devait être interprétée.
Pour lui, le pistolet et le coup de feu final possèdent une dimension symbolique qui dépasse le seul affrontement entre les deux frères : « Cela représente le fait de tirer le rideau sur toute la décennie des années 1970. »
woo do-hwan, dix ans entre télévision et cinéma
Né le 12 juillet 1992 à Anyang, dans la province de Gyeonggi, Woo Do-hwan s’est imposé progressivement comme l’un des acteurs de sa génération les plus identifiés aux personnages complexes et aux registres dramatiques.
Après des débuts à la télévision, il se fait notamment remarquer en 2016 avec « Dramaworld », avant d’obtenir des rôles plus importants dans « Save Me » et surtout « Mad Dog » en 2017. Cette dernière série, dans laquelle il interprète Kim Min-joon, contribue à installer son nom auprès du public coréen.
En 2018, il apparaît dans « Tempted », adaptation coréenne librement inspirée des « Liaisons dangereuses », où il partage notamment l’affiche avec Park Soo-young, Kim Min-jae et Moon Ga-young. La série lui permet d’élargir considérablement sa notoriété auprès du public international.
Woo Do-hwan poursuit ensuite son parcours avec des productions comme « My Country: The New Age » en 2019, série historique dans laquelle il incarne Nam Seon-ho, puis « The King: Eternal Monarch » en 2020, où il interprète deux personnages différents face à Lee Min-ho et Kim Go-eun.

Après son service militaire, effectué entre 2020 et 2022, l’acteur revient notamment dans « Bloodhounds » en 2023, série d’action Netflix dans laquelle il forme un duo avec Lee Sang-yi. Il y incarne Kim Geon-woo, jeune boxeur confronté à l’univers des prêteurs sur gages et de la criminalité. La série contribue à renforcer sa présence auprès du public international.
En 2023, il joue également dans le film « The Divine Fury » et poursuit depuis une trajectoire alternant productions télévisées, cinéma et plateformes internationales.
Cette filmographie témoigne d’un parcours marqué par des registres très différents : thriller, romance, historique, action, fantastique ou drame. Woo Do-hwan a ainsi progressivement construit une image d’acteur capable de passer d’un personnage vulnérable à des figures plus ambiguës ou physiquement engagées.
un nouveau chapitre après « made in korea »
Avec « Made in Korea », Woo Do-hwan semble surtout avoir trouvé une occasion de mesurer le chemin parcouru depuis ses débuts. L’expérience lui a permis de travailler pendant une période exceptionnellement longue sur un même personnage et d’observer directement deux acteurs appartenant à une génération qu’il considère comme une référence.

De jeune acteur remarqué pour ses rôles dans les thrillers et les séries romantiques à comédien confirmé capable de porter des personnages complexes sur plusieurs années, son parcours entre désormais dans une nouvelle phase.
« Made in Korea » pourrait ainsi rester dans sa filmographie comme l’une des productions les plus structurantes de cette première décennie de carrière. Mais pour Woo Do-hwan, cette fin ressemble surtout à un nouveau départ : celui d’un acteur désormais davantage conscient du chemin parcouru et de celui qu’il lui reste encore à construire.
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