Au sud de la ville d’Andong, dans la province du Gyeongsang du Nord, la Byeongsan Seowon apparaît comme suspendue entre montagne, rivière et architecture traditionnelle. Installée face aux falaises du mont Byeongsan et au cours sinueux du Nakdong, cette ancienne académie confucéenne est considérée comme l’un des plus beaux exemples de l’architecture des seowon de Corée. Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2019 parmi les « Seowon, académies néo-confucéennes coréennes », elle est aujourd’hui l’un des lieux les plus emblématiques du patrimoine culturel d’Andong.

Une académie au cœur de la nature

L’histoire de Byeongsan Seowon remonte au XVIe siècle. Son origine est liée à la Pungak Seodang, une école qui fut déplacée à Byeongsan en 1572 à l’initiative du célèbre érudit et homme politique Ryu Seong-ryong, figure majeure de la période Joseon. Après sa disparition, ses disciples contribuèrent à faire de ce lieu un espace consacré à sa mémoire et à l’étude confucéenne. L’académie prit progressivement sa forme actuelle au début du XVIIe siècle.

Le site est remarquable par la manière dont ses bâtiments dialoguent avec le paysage. Portes, salles d’étude, dortoirs, sanctuaire et pavillons s’organisent autour d’espaces ouverts qui donnent directement sur la montagne et le fleuve. Le Mandaeru, vaste pavillon en bois, constitue notamment l’un des points forts de l’ensemble : autrefois, les lettrés pouvaient s’y asseoir pour étudier, échanger et contempler le paysage du Nakdong.

À Byeongsan, l’architecture ne cherche donc pas à dominer la nature. Elle semble au contraire avoir été pensée pour l’encadrer : une montagne devient un écran naturel, le fleuve une perspective, et les bâtiments une succession de cadres ouverts sur le paysage.

Le spectacle des myrtes de crêpe

Mais lorsque revient l’été, un autre spectacle attire les visiteurs et les photographes. Le chemin qui mène à l’académie se transforme progressivement en corridor de fleurs. Les myrtes de crêpe, appelés baerongnamu en coréen, déploient leurs grappes rose vif, rouges ou pourpres autour des toits de tuiles et des vieux murs.

Ces arbres sont particulièrement associés à Byeongsan Seowon. Leur floraison intervient généralement de juillet à août, avec un pic souvent observé en juillet et au début du mois d’août selon les conditions météorologiques. Certaines floraisons peuvent toutefois se prolonger durant l’été.

Le spectacle est saisissant : les fleurs éclatantes contrastent avec le bois sombre des pavillons, les tuiles traditionnelles et le vert profond de la montagne. Depuis les différents points de vue de l’académie, le rose des arbres se mêle aux lignes sobres de l’architecture et au paysage du Nakdong.

Cette association entre fleurs, architecture et relief explique pourquoi Byeongsan Seowon est devenu l’un des lieux estivaux les plus photographiés d’Andong.

Une floraison qui prolonge l’esprit du lieu

Le myrte de crêpe possède également une dimension symbolique dans la tradition paysagère des seowon. À Byeongsan, ses troncs lisses et ses fleurs éclatantes accompagnent un lieu autrefois consacré à l’étude, à la discipline et à la recherche d’une vie conforme aux valeurs confucéennes.

Aujourd’hui, les visiteurs ne viennent plus seulement découvrir une ancienne institution éducative de la dynastie Joseon. Ils viennent aussi retrouver un paysage où le patrimoine et la nature semblent avoir été réunis avec une étonnante simplicité.

Au printemps, Byeongsan Seowon offre déjà les premières couleurs de la saison et la douceur du paysage riverain. Mais c’est au cœur de l’été, de juillet à août, lorsque les myrtes de crêpe sont en fleurs, que le site atteint l’un de ses sommets esthétiques. Les grappes roses et rouges semblent alors accompagner les toits de l’académie jusqu’au bord du Nakdong.

À quelques kilomètres du célèbre village traditionnel de Hahoe, Byeongsan Seowon offre ainsi une autre vision d’Andong : plus silencieuse, plus contemplative, où l’histoire de la Corée de Joseon se découvre entre montagne, rivière et floraison estivale.

Un lieu où, pendant quelques semaines, les fleurs semblent elles aussi participer à la leçon de beauté laissée par les anciens lettrés.

© 2026 (SL75)

Tendances