Adapté du roman de Shinji Ishii publié au Japon en 2001, Passionné à la folie (Toritsukare Otoko) est une des propositions les plus singulières de la sélection Contrechamp du Festival d’Annecy 2026. Derrière son apparente fantaisie, ce récit délicat explore avec tendresse les élans du cœur, les obsessions qui façonnent une existence et la capacité de l’amour à révéler ce qu’il y a de plus précieux en chacun de nous.

Dans une petite ville où tout le monde le surnomme « l’homme obsédé », Giuseppe est connu pour sa faculté à se passionner corps et âme pour un sujet précis avant de passer à un autre. Insectes, musique, objets insolites : chacune de ses lubies monopolise entièrement son attention pendant un temps, au point de faire de lui un personnage aussi attachant qu’excentrique.
Sa vie bascule lorsqu’il croise le regard de Pechka, une jeune vendeuse de ballons. C’est le coup de foudre immédiat. Pourtant, derrière le sourire de la jeune femme se cache une profonde mélancolie qui semble la maintenir à distance de tous ceux qui tentent de l’approcher. Déterminé à gagner sa confiance, Giuseppe entreprend alors un voyage sentimental inattendu, épaulé par son fidèle compagnon Cielo, une petite souris aussi discrète qu’ingénieuse.

L’originalité du récit tient dans la manière dont les anciennes passions de Giuseppe deviennent autant de ressources pour aider Pechka à surmonter sa tristesse. Ce qui apparaissait jusque-là comme une succession d’obsessions étranges se transforme progressivement en une formidable boîte à outils émotionnelle. Chaque centre d’intérêt, aussi anodin ou farfelu soit-il, trouve finalement un sens dans cette quête amoureuse.

Porté par un univers poétique et un humour délicat, Passionné à la folie célèbre la singularité des individus et rappelle que nos différences, parfois perçues comme des faiblesses, peuvent devenir notre plus grande force. Le film aborde avec légèreté des thèmes universels, l’acceptation de soi et la puissance réparatrice des liens humains.

Entre conte romantique et fable moderne, Toritsukare Otoko séduit par son regard profondément bienveillant sur ses personnages. Une œuvre sensible et inventive!
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