Le long voyage des ancêtres aïnous enfin achevé

Plus d’un siècle après avoir quitté leur terre natale, les restes de sept Aïnous ont été restitués vendredi au Japon par le Musée d’histoire naturelle de Londres. Ce retour, hautement symbolique, s’inscrit dans une démarche menée par le gouvernement japonais afin de récupérer les restes humains du peuple autochtone aïnou conservés dans des institutions étrangères depuis l’époque des grandes études anthropologiques du XIXe siècle.

© (1900) hommes Aïnous (Newscom/SL75)

Les Aïnous constituent un peuple autochtone originaire principalement de l’île septentrionale d’Hokkaido, mais également des îles Kouriles et de Sakhaline. Longtemps marginalisés, ils possèdent une culture, une langue et des traditions distinctes de celles de la majorité japonaise. Dès la fin du XIXe siècle, leur mode de vie a été profondément bouleversé par la modernisation du Japon et les politiques d’assimilation imposées par l’État. Pendant des décennies, leurs coutumes ont été réprimées et de nombreux restes humains ont été prélevés pour des recherches scientifiques souvent réalisées sans consentement.

© Musée Aïnous (Newscom/SL75)

Les sept ensembles de restes restitués par le musée londonien avaient été envoyés au Royaume-Uni entre 1866 et 1911. Quatre d’entre eux provenaient des localités de Yakumo et Mori, à Hokkaido, où ils avaient été exhumés avant d’être donnés au musée. Deux autres avaient été découverts dans les îles Kouriles, tandis que l’origine du septième individu demeure inconnue, selon les autorités japonaises. Cette restitution constitue le quatrième rapatriement de restes aïnous depuis l’étranger. Avant ce retour, huit dépouilles avaient déjà été rendues au Japon : une depuis l’Allemagne, quatre depuis l’Australie et trois depuis l’Écosse.

© Musée Aïnous (Newscom/SL75)

Mardi, une cérémonie officielle s’est tenue au Musée d’histoire naturelle de Londres en présence du ministre japonais chargé des politiques relatives aux Aïnous, Hitoshi Kikawada, ainsi que de Masaru Okawa. Les deux responsables ont assisté à la remise des restes avant leur départ vers le Japon.

© Musée Aïnous (Newscom/SL75)

Les dépouilles seront désormais conservées au sein du musée et parc national aïnou d’Upopoy, situé à Shiraoi. Ce site, inauguré en 2020, est devenu un symbole de la reconnaissance progressive de la culture aïnoue et de la préservation de sa mémoire.

© Musée Aïnous (Newscom/SL75)

Au-delà du geste diplomatique, ce rapatriement représente pour de nombreux Aïnous une étape essentielle dans la réparation d’une histoire marquée par la dépossession et l’effacement culturel. Pour les descendants de ce peuple autochtone, le retour des ancêtres sur leur terre d’origine est avant tout une question de dignité et de mémoire.

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