Avec Noise, le cinéma d’horreur sud-coréen transforme une situation familière en véritable cauchemar. Pour son premier long-métrage, la réalisatrice Kim Soo-jin s’empare des nuisances sonores dans les immeubles collectifs pour construire un thriller horrifique où chaque bruit devient suspect. Porté par Lee Sun-bin, le film joue sur les perceptions, la peur de l’inconnu et la frontière de plus en plus fragile entre réalité et surnaturel.

Synopsis : une disparition au cœur d’un immeuble inquiétant
Ju-young (Lee Sun-bin), une jeune femme malentendante, apprend la disparition inexpliquée de sa sœur cadette, Ju-hee (Han Su-a), qui vivait avec elle dans un nouvel appartement. Incapable de comprendre ce qui a pu se produire, elle revient précipitamment de son travail et se lance à la recherche de la jeune femme. Avec l’aide de Ki-hoon (Kim Min-seok), le petit ami de sa sœur, elle tente de reconstituer les derniers instants précédant sa disparition.

Mais les investigations se heurtent rapidement à l’attitude étrange des habitants de l’immeuble. Tous semblent préoccupés par les bruits qui traversent les murs et les plafonds, au point que la moindre nuisance déclenche des réactions disproportionnées. Les conversations deviennent difficiles, les soupçons se multiplient et la méfiance s’installe entre voisins.
Parmi eux, Joong-sim (Ryu Kyung-soo), un homme vivant à l’étage inférieur, est lui aussi exaspéré par les sons mystérieux qui perturbent son quotidien. Convaincu que les deux sœurs en sont responsables, il laisse sa colère prendre une tournure menaçante.
À mesure que Ju-young poursuit ses recherches, des phénomènes de plus en plus inquiétants se produisent. Des bruits surgissent sans explication, des présences semblent se manifester dans les espaces familiers et l’appartement, qui devait représenter un nouveau départ, se transforme en lieu de terreur. La jeune femme comprend peu à peu que la disparition de sa sœur pourrait être liée à ces manifestations étranges.
Son handicap auditif donne au récit une dimension particulière. Dans un environnement où chacun cherche à identifier l’origine des sons, Ju-young doit composer avec une perception différente du monde qui l’entoure. Comment distinguer les faits des interprétations, et jusqu’où peut-on faire confiance à ce que l’on croit entendre ? L’enquête prend progressivement la forme d’une confrontation avec une menace dont les contours restent insaisissables.
Kim Soo-jin : un premier long-métrage sous tension
Avec Noise, Kim Soo-jin signe ses débuts au long-métrage après avoir été remarquée avec son court-métrage The Line, présenté dans le cadre de la sélection des courts-métrages du Festival de Cannes en 2013. La cinéaste choisit de s’appuyer sur une réalité quotidienne pour installer progressivement l’angoisse.
Les conflits de voisinage liés aux bruits d’appartement constituent le point de départ d’une histoire qui dépasse rapidement la simple querelle entre résidents. Dans les immeubles densément peuplés, les vibrations des canalisations, les pas au plafond ou les meubles déplacés peuvent devenir des sources de tension. Le film pousse cette expérience familière vers ses conséquences les plus inquiétantes, lorsque l’irritation se transforme en obsession et que la peur nourrit la violence.
La mise en scène repose sur cette progression insidieuse. Plutôt que de révéler immédiatement l’origine des phénomènes, elle entretient l’incertitude et fait du son un élément central du suspense. Le spectateur est ainsi invité à partager le désarroi de Ju-young, tandis que l’espace domestique perd peu à peu son caractère rassurant.
En plaçant une héroïne malentendante au centre de son récit, Kim Soo-jin apporte également une singularité au dispositif horrifique. Le film interroge la perception et la manière dont un même environnement peut être interprété différemment selon les individus. Une approche qui donne à cette histoire de disparition une dimension psychologique, sans renoncer aux apparitions inquiétantes ni aux séquences destinées à provoquer la peur.
Présenté en avant-première internationale au Festival international du film de Toronto en 2024, puis sélectionné dans plusieurs festivals consacrés au cinéma fantastique, Noise s’inscrit dans la vitalité persistante de l’horreur sud-coréenne.
Un casting au service de l’angoisse
Lee Sun-bin – Ju-young
L’actrice sud-coréenne Lee Sun-bin s’est fait connaître grâce aux séries Squad 38, Missing 9 et Criminal Minds. Elle a également marqué le public avec la comédie dramatique Work Later, Drink Now. Dans Noise, elle porte le récit en incarnant une jeune femme confrontée à la disparition de sa sœur et à des phénomènes qui échappent à sa compréhension.
Kim Min-seok – Ki-hoon
Révélé au grand public par la série Descendants of the Sun, l’acteur s’est également illustré dans Doctors et Because This Is My First Life. Il interprète Ki-hoon, le petit ami de Ju-hee, qui accompagne Ju-young dans ses recherches et tente de comprendre ce qui est arrivé à la jeune femme.
Han Su-a – Ju-hee
L’actrice interprète la sœur cadette dont la disparition déclenche toute l’intrigue. Son personnage, au cœur du mystère, constitue le fil conducteur de l’enquête menée par Ju-young. Elle est également apparue dans la série Such a Close Traitor et le film d’horreur Urban Myths.
Ryu Kyung-soo – Joong-sim
Connu notamment pour ses rôles dans Itaewon Class, Tale of the Nine Tailed 1938 et Hellbound, Ryu Kyung-soo incarne un voisin progressivement consumé par les nuisances sonores. Sa colère et sa conviction d’avoir identifié les responsables contribuent à faire monter la tension dans l’immeuble.
Jeon Ik-ryoung – Jeong-in
Actrice de cinéma et de télévision, Jeon Ik-ryoung participe à l’atmosphère ambiguë du film dans le rôle de Jeong-in, une habitante de l’immeuble. Son personnage s’inscrit dans un ensemble de relations de voisinage où la méfiance et les réactions imprévisibles alimentent le suspense.
Baek Joo-hee – La responsable de l’association des résidents
Actrice de cinéma et de télévision, Baek Joo-hee complète la distribution dans le rôle d’une représentante des habitants. Son personnage participe au climat de suspicion qui s’installe autour des deux sœurs et illustre les tensions qui peuvent naître au sein d’une communauté confrontée à une menace qu’elle ne parvient pas à expliquer.
Fiche technique
- Titre original : 노이즈 (Noijeu)
- Titre international : Noise
- Réalisation : Kim Soo-jin
- Scénario : Lee Je-hui, Kim Yong-hwan et Kim Soo-jin
- Photographie : Jun Hong-kyu
- Montage : Kim Ha-na et Kim Woo-hyun
- Musique : Heo Jun-hyeok
- Production : Finecut, avec la participation de KC Ventures
- Distribution en Corée du Sud : BY4M Studio
- Distribution en France : KMBO
- Pays : Corée du Sud
- Année : 2024 (production ; sortie commerciale sud-coréenne en 2025)
- Genre : horreur, épouvante, thriller
- Durée : 93 minutes
- Langue : coréen
- Première internationale : Festival international du film de Toronto, 2024
- Sortie française : 24 juin 2026
- Classification française : interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Avec Noise, Kim Soo-jin propose une expérience d’horreur fondée sur une peur profondément quotidienne : celle de ne plus se sentir en sécurité chez soi. En faisant d’un immeuble ordinaire le théâtre d’une disparition et d’une menace invisible, la cinéaste exploite la puissance anxiogène des sons et le malaise des relations de voisinage. Un premier long-métrage qui joue avec les nerfs du spectateur et rappelle que, parfois, le plus effrayant n’est pas ce que l’on voit, mais ce que l’on ne parvient pas à identifier.
© 2026 (SL75)




