Le 31e Festival international du film de Busan (BIFF) a officiellement ouvert ses portes ce mardi 6 octobre pour dix jours de cinéma, de rencontres et de découvertes. Jusqu’au 15 octobre, la grande manifestation sud-coréenne accueille 316 films venus de 59 pays, projetés dans 31 salles réparties au sein de huit complexes à travers Busan. Parmi eux, 93 films seront présentés en première mondiale.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue au Busan Cinema Center, sous la conduite de l’actrice Kim Min-ha, donnant le coup d’envoi à une édition particulièrement ambitieuse, la plus importante organisée par le festival depuis 2019.


Pour cette soirée inaugurale, le BIFF a choisi « The Table: Day and Night », réalisé par Kim Jong-kwan. Présenté en première mondiale, le film suit quatre couples dont les histoires se croisent dans un café au moment où l’été laisse progressivement place à l’automne. Fidèle à son approche intimiste, le réalisateur s’intéresse aux détails du quotidien et aux émotions qui se jouent dans les échanges les plus simples.
« The Table: Day and Night » raconte de petites choses, parfois subtiles, et la beauté ainsi que le sens qu’elles peuvent contenir, a expliqué Kim Jong-kwan lors d’une conférence de presse à Busan. Le réalisateur s’est également dit particulièrement honoré de présenter son film en ouverture d’un festival de cette envergure.
Fondé en 1996 comme premier festival international de cinéma de Corée du Sud, le BIFF s’est progressivement imposé comme l’un des rendez-vous majeurs du cinéma asiatique. Sa vocation demeure notamment de faire découvrir de nouveaux réalisateurs et de mettre en lumière les cinématographies asiatiques auprès du public et des professionnels internationaux.
Cette 31e édition franchit également une étape importante sur la scène internationale. Le festival bénéficie désormais officiellement du statut de festival de catégorie A de la Fédération internationale des associations de producteurs de films (FIAPF), rejoignant ainsi le cercle des grandes manifestations cinématographiques internationales aux côtés de Cannes, Berlin et Venise.
Afin de permettre à davantage de spectateurs de profiter de la programmation, le festival a avancé sa journée d’ouverture au mardi. Les organisateurs ont également renforcé le nombre de séances quotidiennes, qui passe de quatre à cinq du jeudi au dimanche, période traditionnellement marquée par une forte fréquentation.
Une compétition asiatique désormais bien installée
Pour sa deuxième année en tant que compétition officielle, le BIFF propose 13 films asiatiques répartis dans cinq catégories et en lice pour les Busan Awards. Le jury, présidé par le réalisateur chinois Zhang Yimou et composé de sept personnalités du cinéma international, aura la responsabilité de désigner les lauréats.
Le principal prix de la compétition bénéficie par ailleurs d’une reconnaissance particulière : le film récompensé pourra être proposé dans la catégorie du meilleur film international des Oscars.
Les grands noms du cinéma réunis à Busan
Le festival accueille cette année une impressionnante délégation de personnalités internationales. Michelle Yeoh recevra le prix Asian Filmmaker of the Year, tandis qu’un programme spécial lui est consacré, avec trois films choisis par l’actrice ainsi que son nouveau long métrage « It’s My Time ».

L’ancien président du comité exécutif du BIFF, Kim Dong-ho, recevra quant à lui le Korean Cinema Award. Le Camellia Award sera remis à la réalisatrice hongkongaise Ann Hui.
Parmi les invités internationaux figurent également le réalisateur Alfonso Cuarón, l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal, les actrices Isabelle Huppert et Charlotte Gainsbourg, ainsi que les cinéastes Majid Majidi, Lav Diaz et Rintaro.
Le cinéma asiatique sera également largement représenté avec la présence annoncée de Shu Qi, Zhou Xun, Fan Bingbing et Masami Nagasawa. Côté coréen, plusieurs figures majeures du septième art participeront aux différents programmes, parmi lesquelles les réalisateurs Lee Chang-dong, Na Hong-jin et Kim Jee-woon, ainsi que les acteurs Jeon Do-yeon et Hyun Bin.
Hommages et regards sur l’animation japonaise
Le BIFF réserve également une place importante aux programmes thématiques. « Those Beautiful Years, Ahn Sung-ki » rend hommage à l’immense carrière du comédien coréen Ahn Sung-ki et à son héritage dans le cinéma national.
Autre temps fort, le programme « Japanese Animation Special: Masterpieces of Madness, Exhilarating Prospects 12+1 » propose un vaste regard sur l’évolution de l’animation japonaise, de ses œuvres historiques à ses créations plus contemporaines. Parmi les films programmés figurent notamment « The White Snake Enchantress » et « Metropolis ».
Un festival qui dépasse les salles de cinéma
Au-delà des projections, le BIFF entend renforcer son rôle de plateforme internationale pour l’industrie du cinéma et des contenus. Du jeudi au dimanche, le Forum BIFF réunira professionnels et spécialistes autour des transformations actuelles du secteur, des nouvelles technologies et des évolutions des politiques culturelles, mais aussi des perspectives offertes au cinéma contemporain.
L’Asian Contents and Film Market, organisé du samedi au mardi, constituera un autre rendez-vous essentiel pour les professionnels. Véritable marché international consacré aux films et contenus asiatiques, il proposera 64 programmes répartis dans sept catégories et mettra cette année la Thaïlande à l’honneur. Producteurs, distributeurs, investisseurs et professionnels pourront y développer de nouveaux projets et favoriser les échanges internationaux.
Enfin, le festival poursuivra son ouverture sur la ville avec Community BIFF et BIFF Everywhere. Ces initiatives multiplient les projections et les rencontres en dehors des salles traditionnelles, notamment dans le quartier de Nampo-dong et jusque dans la ville voisine de Yangsan.
Avec cette édition 2026, le Festival international du film de Busan confirme ainsi son ambition : rester une vitrine essentielle des cinématographies asiatiques tout en renforçant son statut de grand rendez-vous international du septième art. Pendant dix jours, Busan devient une nouvelle fois l’un des centres mondiaux de la création cinématographique, entre premières mondiales, grands noms du cinéma, découvertes et échanges professionnels.
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