Chaque année, le 14 juillet, le sanctuaire Kumano Nachi Taisha, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, devient le théâtre de l’un des rituels les plus spectaculaires du Japon. À Nachikatsuura, dans la préfecture de Wakayama, des hommes vêtus de blanc portent des torches enflammées pesant près de 50 kilogrammes lors du Nachi no Ogi Matsuri, également appelé le Festival du Feu de Nachi.


Au crépuscule, douze torches, dont les flammes peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur, sont transportées jusqu’au pied du sanctuaire. Leur rôle est de purifier le chemin emprunté par les divinités shintoïstes avant le passage des mikoshi, les sanctuaires portatifs qui abritent symboliquement les douze divinités de Kumano Nachi Taisha. Les porteurs, entièrement vêtus de blanc, avancent au milieu des étincelles et de la fumée dans une atmosphère impressionnante, rythmée par les chants et les encouragements des fidèles.


Cette cérémonie puise ses origines il y a plus d’un millénaire. Elle est étroitement liée au culte de Kumano, l’un des plus importants centres spirituels du Japon, où le shintoïsme et le bouddhisme ont longtemps coexisté. Le festival rend hommage à la cascade de Nachi, haute de 133 mètres, considérée comme une divinité bien avant l’édification du sanctuaire. Le feu, symbole de purification et de renouveau, accompagne ainsi le retour annuel des divinités vers leur lieu d’origine, la cascade sacrée.

Le Nachi no Ogi Matsuri constitue également l’aboutissement des traditions des Chemins de pèlerinage de Kumano Kodo, eux aussi classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis des siècles, pèlerins, empereurs et fidèles parcourent ces sentiers de montagne pour rejoindre les sanctuaires sacrés de Kumano, cette région est l’un des hauts lieux de la spiritualité japonaise.

Aujourd’hui encore, ce festival attire des milliers de visiteurs venus admirer un spectacle où la puissance des flammes, les rites ancestraux et la beauté des paysages se mêlent dans une célébration unique. le Nachi no Ogi Matsuri perpétue un héritage spirituel vivant, témoignage de la profonde relation entre les Japonais, la nature et le sacré.
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