Le Japon franchit une nouvelle étape dans sa politique migratoire. Le gouvernement prépare un dispositif qui imposerait aux ressortissants étrangers souhaitant obtenir la résidence permanente de suivre un programme officiel consacré à la langue japonaise et aux règles de la vie quotidienne. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’intégration des étrangers installés durablement dans l’archipel.

Présentées le 3 juillet par une équipe de travail de l’Agence des services d’immigration, dirigée par le vice-ministre parlementaire de la Justice Manabu Fukuyama, ces nouvelles orientations prévoient la création d’un « Programme d’apprentissage de la langue et du mode de vie japonais ». La participation à ce cursus deviendrait une condition préalable à l’obtention du statut de résident permanent et pourrait également être prise en compte dans le cadre d’une demande de naturalisation. Les candidats devraient continuer à remplir les critères déjà en vigueur, notamment une durée minimale de résidence, des revenus stables, le paiement régulier des impôts et des cotisations sociales, mais ils devraient désormais démontrer leur engagement dans ce parcours d’intégration.

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Le programme couvrirait bien davantage que l’apprentissage de la langue. Les futurs résidents permanents recevraient une formation sur les règles de savoir-vivre au Japon, le tri des déchets, les démarches administratives, la préparation aux catastrophes naturelles, ainsi que les usages de la vie en société. Une partie de cet enseignement pourrait être suivie en ligne, avant même l’arrivée au Japon, puis complétée après l’installation. Les autorités souhaitent également mettre en place un système permettant de suivre la participation des candidats tout au long du processus.

Jusqu’à présent, ce type de formation était principalement proposé de manière volontaire par certaines municipalités ou associations locales. Le gouvernement entend désormais harmoniser ces initiatives au niveau national afin de garantir un socle commun de connaissances à tous les candidats à la résidence permanente.

Le niveau de japonais exigé n’a pas encore été officiellement arrêté. Toutefois, les précédentes discussions sur la réforme des visas de travail évoquaient déjà le niveau N2 du Japanese Language Proficiency Test (JLPT), qui correspond à une bonne maîtrise du japonais dans un contexte professionnel et administratif. Ce niveau pourrait servir de référence pour les futurs résidents permanents.

Cette réforme intervient alors que la présence étrangère atteint un niveau inédit. À la fin de l’année 2025, le Japon comptait 4 125 395 résidents étrangers, un record historique qui représente environ 3,3 % de la population du pays. Le marché du travail reflète cette évolution. Le Japon recensait également un nombre record de près de 2,5 millions de travailleurs étrangers en 2025. Les Vietnamiens constituent le premier groupe avec environ 23 % des effectifs, suivis des Chinois (16 %), des Philippins (10 %), des Indonésiens (8 %) et des Birmans (5 %). Ensemble, ces cinq nationalités représentent plus de 60 % de l’ensemble de la main-d’œuvre étrangère employée dans l’archipel. Les travailleurs originaires du Népal, du Brésil, de la Corée du Sud, du Pérou et d’autres pays complètent cette population en constante progression.

Face au vieillissement démographique et aux pénuries de main-d’œuvre, le Japon accueille chaque année davantage de travailleurs étrangers. En contrepartie, les autorités souhaitent désormais renforcer les exigences linguistiques et les connaissances pratiques nécessaires pour favoriser leur intégration dans les communautés locales.

Les modalités précises du futur programme doivent encore être définies. Le gouvernement prévoit d’élaborer les directives officielles et un système de suivi au cours de l’exercice budgétaire 2027, avant le lancement d’une phase expérimentale à partir de l’exercice 2028.

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