Le succès autour de Hope, le nouveau film du réalisateur sud-coréen Na Hong-jin en compétition au Festival de Cannes, a été quelque peu éclipsé par une séquence de conférence de presse jugée pour le moins déroutante. Une intervention journalistique, depuis largement relayée et critiquée, a suscité des accusations de racisme et un malaise perceptible parmi les membres du casting.

Lors de la conférence organisée lundi, une journaliste s’exprimant en anglais (qui n’a ni décliné son identité ni précisé son média) a ouvert les échanges en s’adressant uniquement à Michael Fassbender et Alicia Vikander par leur prénom, ajoutant avec désinvolture : « Je ne connais pas les autres. » Une phrase qui, à elle seule, a suffi à installer un climat de gêne palpable autour de la table. À côté du couple de stars hollywoodiennes prenaient pourtant place le réalisateur Na Hong-jin, ainsi que les acteurs principaux sud-coréens Hwang Jung-min, Zo In-sung et Jung Ho-yeon, sans oublier l’actrice canadienne Taylor Russell. Sur les images diffusées ensuite sur les réseaux sociaux coréens, on aperçoit Jung Ho-yeon et Taylor Russell échanger un regard interloqué, tandis que Hwang Jung-min et Zo In-sung restent figés, visiblement interloqués par la tournure des échanges.

Mais la situation ne s’est pas arrêtée là. Sans même nommer le réalisateur, la journaliste a poursuivi en s’adressant à « the director », lui demandant si Fassbender et Vikander, mariés dans la vie, avaient été engagés comme un « package », suggérant qu’ils auraient pu être recrutés ensemble pour des raisons de coût. Pris de court, Na Hong-jin a répondu avec calme qu’il avait approché et convaincu chaque acteur individuellement, précisant au passage son admiration pour Michael Fassbender.
Ce qui aurait pu rester une simple maladresse s’est rapidement transformé en polémique sur les réseaux sociaux, notamment en Corée du Sud, où de nombreux internautes ont dénoncé une accumulation de biais et d’attitudes jugées discriminatoires. Plusieurs commentaires ont souligné le caractère particulièrement maladroit du fait de n’adresser la parole qu’aux acteurs occidentaux présents, en ignorant le reste du casting, dont Taylor Russell, elle-même métisse d’ascendance jamaïcaine.

Cet échange contrastait fortement avec l’accueil réservé à Hope la veille, lors de sa première projection cannoise, saluée par environ sept minutes de standing ovation. Le film, premier long-métrage de Na Hong-jin depuis The Wailing en 2016, affiche par ailleurs une moyenne de 2,8 dans la grille de notation de Screen Daily, se plaçant parmi les meilleures évaluations de la compétition à ce stade du festival.
Entre prestige cannois et maladresses de communication, la présentation de Hope aura donc autant fait parler du film que des silences et des angles morts d’une conférence de presse devenue, malgré elle, un moment de malaise collectif.
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