Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026, le 19 mai, Kokurojo, le château d’Arioka marque le retour très attendu de Kiyoshi Kurosawa sur la Croisette avec une œuvre mystérieuse et envoûtante, où le film historique se mêle au thriller psychologique. Fidèle à son goût pour les atmosphères troubles et les récits hantés par l’invisible, le cinéaste japonais signe ici une plongée oppressante dans les couloirs d’un château assiégé, au cœur du Japon féodal.

L’intrigue suit le seigneur Murashige, reclus dans son château d’Arioka après une rébellion qui menace son pouvoir. Parmi ses prisonniers figure Kanbei, un stratège redouté et ancien ennemi, que Murashige choisit pourtant d’épargner. Une décision qui devient le point de départ d’un étrange huis clos mental. Alors que les saisons passent derrière les murailles du château, une série de crimes inexpliqués vient semer la peur et le doute parmi les occupants.

© 2026 (Shochiku Film, Studio TBS Pictures/SL75)

Murashige tente de comprendre l’origine de ces meurtres, mais chaque enquête semble buter sur une énigme incomplète. Depuis sa cellule, Kanbei apparaît comme le seul capable d’assembler les pièces du puzzle. Entre manipulation, fascination et affrontement intellectuel, une relation ambiguë se noue entre les deux hommes, tandis que le château semble peu à peu se refermer sur ses habitants comme un piège vivant.

Avec Kokurojo, Kiyoshi Kurosawa délaisse les fantômes contemporains de ses œuvres passées pour explorer une autre forme de hantise : celle du pouvoir, de la paranoïa et de la culpabilité. Le réalisateur installe une tension lente et hypnotique, où chaque silence, chaque couloir obscur et chaque regard deviennent des indices d’un désordre plus profond. Le château d’Arioka devient alors un personnage à part entière, traversé de secrets et d’ombres, théâtre d’une guerre psychologique où nul ne semble encore distinguer le réel de la menace invisible.

Réalisateur majeur du cinéma japonais contemporain, Kiyoshi Kurosawa s’est imposé depuis les années 1990 grâce à une œuvre singulière à la frontière du fantastique, du polar et du drame existentiel. Révélé internationalement avec Cure en 1997, il a ensuite signé des films marquants comme Pulse, Tokyo Sonata, Vers l’autre rive ou encore Les Amants sacrifiés, Lion d’argent de la meilleure réalisation à la Mostra de Venise en 2020. Son cinéma, reconnu pour son sens du malaise et sa maîtrise du suspense psychologique, interroge souvent les fractures invisibles de la société japonaise et les zones d’ombre de l’âme humaine.

Avec ce nouveau film présenté à Cannes hors compétition, le cinéaste poursuit son exploration des mécanismes de la peur et du pouvoir, dans une œuvre qui promet d’allier la rigueur du film de samouraïs à l’étrangeté métaphysique qui fait toute sa signature.

  • « Kokurojo » 黒牢城
  • Réalisation: Kiyoshi Kurosawa
  • Scénario: Kiyoshi Kurosawa
  • Musique: YOSHIHIRO Hanno
  • Cinématographie: SASAKI Yasuyuki
  • Production: Shochiku Film, Studio TBS Pictures
  • Casting: MOTOKI Masahiro, SUDA Masaki, YOSHITAKA Yuriko, AOKI Munetaka, MIYADATE Ryota, ODAGIRI Joe
  • Durée: 147 minutes

© 2026 (SL75)

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