Au sein du vaste parc de Shinjuku Gyoen, véritable oasis de verdure au milieu de la capitale japonaise, se cache un édifice aussi discret que fascinant : le Kyû Goryôtei. Ce pavillon d’inspiration taïwanaise, posé au bord de l’eau, témoigne d’un pan singulier de l’histoire et offre aujourd’hui aux visiteurs un lieu de contemplation hors du temps.

Construit en 1927, le Kyû Goryôtei est à l’origine un cadeau destiné à célébrer le mariage du prince héritier Hirohito, futur empereur du Japon. Offert par des Japonais vivant à Taïwan, alors sous domination japonaise, le pavillon incarne à la fois un geste diplomatique et un symbole des liens historiques entre les deux territoires.

Mais ce qui distingue avant tout le Kyû Goryôtei, c’est son architecture. Contrairement aux pavillons traditionnels japonais, il adopte un style typiquement chinois, inspiré des constructions du sud de la Chine et de Taïwan. Toit aux courbes relevées, décorations finement sculptées, utilisation de bois précieux : chaque détail reflète un savoir-faire venu d’ailleurs. Cette authenticité en fait un exemple rare d’architecture chinoise au Japon.

Installé au bord d’un étang, le pavillon a été conçu comme un lieu de repos et d’observation. Son ouverture sur l’extérieur permet de profiter pleinement du paysage, entre reflets de l’eau, végétation soignée et variations de lumière au fil des saisons. L’atmosphère y est paisible, presque méditative, en contraste total avec l’agitation urbaine toute proche.

Aujourd’hui encore, le Kyû Goryôtei reste un trésor discret du parc. Moins connu que les célèbres cerisiers de Shinjuku Gyoen, il n’en est pas moins chargé de sens. À travers son histoire et son esthétique, il raconte une rencontre entre cultures, une époque révolue et une certaine idée de l’harmonie entre nature et architecture.
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