Les amateurs de cinéma coréen ont rendez-vous avec un film pas comme les autres. Racheté in extremis par Netflix pour une diffusion mondiale fin mars 2026, Humint s’impose déjà comme un thriller d’espionnage intense… qui cache en réalité une histoire profondément humaine et romantique.

Derrière la caméra, Ryoo Seung-wan confirme une nouvelle fois sa signature : une mise en scène brute, nerveuse, sans fard, où les scènes d’action frappent par leur réalisme. Mais avec Humint, le cinéaste ajoute une dimension plus intime, presque inattendue, en plaçant les émotions et les relations au cœur du récit.

© 2026 (Netflix/SL75)

Le titre, contraction de “Human Intelligence” (renseignement d’origine humaine), donne le ton. Le film s’ouvre sur une mission qui tourne mal : Cho, agent sud-coréen incarné par Zo In-sung, tente de protéger une informatrice nord-coréenne impliquée malgré elle dans un réseau de trafic. L’échec est brutal. Dès les premières minutes, une violente scène de combat dans les couloirs étroits d’un hôtel impose le style viscéral du réalisateur. Hanté par cet événement, Cho se lance dans une traque obsessionnelle qui le mène jusqu’à Vladivostok. Sur place, il croise Sun-hwa, une employée de restaurant nord-coréenne interprétée par Shin Se-kyung, qu’il espère recruter comme nouvelle source. Mais derrière cette rencontre se cache une intrigue plus complexe. Car au même moment arrive Park Gun, un agent nord-coréen incarné par Park Jeong-min. Officiellement chargé de surveiller un consul suspect, joué par Park Hae-joon, il poursuit en réalité un objectif plus personnel : retrouver Sun-hwa, avec qui il partage un passé amoureux. Dès lors, Humint bascule dans un jeu de dupes où espionnage et sentiments s’entremêlent dangereusement.

Au fil du récit, les motivations de chacun se dévoilent dans une tension croissante, rythmée par des courses-poursuites et des affrontements physiques marquants. Parmi eux, une scène de combat dans une cage d’escalier illustre parfaitement la patte du réalisateur : une confrontation brutale, directe, presque suffocante.

© 2026 (Netflix)

Grand admirateur du cinéma d’action hongkongais et de Jackie Chan, Ryoo Seung-wan n’a cessé de perfectionner son style depuis ses débuts. De ses premiers films comme Die Bad à ses succès majeurs des années 2010, dont Veteran ou The Unjust, il s’est imposé comme l’un des grands noms du cinéma sud-coréen. Il a également côtoyé dès ses débuts des figures devenues incontournables comme Bong Joon-ho ou Park Chan-wook.

Tourné en grande partie en Lettonie, Humint prolonge aussi la veine internationale déjà explorée dans The Berlin File, auquel il fait écho par ses décors et ses thématiques liées aux tensions entre les deux Corées.

Sorti dans les salles sud-coréennes le 11 février 2026, Humint s’annonce aujourd’hui comme un incontournable pour les amateurs de thrillers nerveux et de récits à double lecture. Entre action brutale et romance tragique, le film pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la carrière de son réalisateur — et séduire un public bien au-delà des frontières coréennes.

  • « Humint » 휴민트
  • Réalisation: Ryoo Seung-wan
  • Scénario: Ryoo Seung-wan
  • Cinématographie: Yang Hyun-suk
  • musique: Jo Yeong-wook
  • Production: Filmmaker R.K.
  • Casting: Zo In-sung, Park Jeong-min, Park Hae-joon, Shin Se-kyung
  • Durée: 119 mn

© 2026 (SL75)

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