Au cinéma cette semaine, le nouveau film d’animation de Mamoru Hosoda entraîne les spectateurs dans une fable spectaculaire où se mêlent aventure, fantastique et réflexion sur la colère. Avec Scarlet et l’éternité, le réalisateur japonais confirme une nouvelle fois son talent pour raconter des récits intimes dans des univers visuellement grandioses.

© 2025 (Sony Pictures/SL75)

L’histoire s’ouvre dans un royaume médiéval marqué par la violence et les rivalités de pouvoir. Scarlet, jeune princesse élevée dans l’art du combat, a grandi avec une seule idée en tête : venger l’assassinat de son père. Formée dès l’enfance à manier l’épée, elle s’engage dans une quête de justice qui prend rapidement la forme d’une obsession. Mais sa mission tourne court. Battue et abandonnée aux portes de la mort, elle bascule dans un lieu mystérieux : le Pays des Morts. Dans ce territoire étrange, où les règles du monde des vivants semblent suspendues, Scarlet doit apprendre à survivre autrement que par la force. C’est là qu’elle rencontre un jeune homme venu de l’époque contemporaine. Sa présence inattendue, sa douceur et sa manière différente d’envisager la vie ébranlent peu à peu les certitudes de la princesse. Là où Scarlet ne voit que trahison et vengeance, lui évoque le pardon et la possibilité d’un autre avenir. Le voyage qui s’ensuit devient alors autant spirituel que physique. À travers paysages spectaculaires et créatures énigmatiques, la jeune guerrière affronte ses propres démons. Son objectif reste inchangé : retrouver l’assassin de son père. Pourtant, à mesure que les frontières entre les mondes se brouillent, une question s’impose à elle. Que reste-t-il d’une vie entièrement guidée par la haine ?

© 2025 (Sony Pictures)

Scarlet et l’éternité s’inscrit dans la continuité du cinéma de Mamoru Hosoda, l’un des grands noms de l’animation japonaise contemporaine. Révélé internationalement avec des films comme La Traversée du temps, Les Enfants loups ou Belle, le cinéaste s’est imposé par sa capacité à mêler émotion humaine et univers fantastiques. Fondateur du studio Chizu en 2011, il développe un style visuel reconnaissable : animation fluide, décors foisonnants et personnages profondément humains. Avec ce nouveau long métrage, Hosoda explore une fois de plus les thèmes qui traversent son œuvre : le passage à l’âge adulte, le poids des héritages familiaux et la difficulté de trouver sa place dans un monde en mutation. Mais Scarlet et l’éternité adopte un ton plus sombre que certains de ses précédents films. Le récit plonge son héroïne dans une réflexion sur la violence et ses conséquences, tout en conservant la poésie et l’énergie visuelle qui caractérisent le travail du réalisateur.

© 2025 (Sony Pictures/SL75)

Porté par une animation somptueuse et un univers imaginaire riche, le film séduit autant par son spectacle que par son propos. La quête de Scarlet devient progressivement celle d’une libération intérieure : apprendre à dépasser la colère pour rompre la chaîne de la vengeance.

Entre conte médiéval, odyssée fantastique et méditation sur le pardon, Scarlet et l’éternité propose ainsi une aventure épique qui touche autant le cœur que l’imaginaire. Un nouveau chapitre ambitieux dans la filmographie de Mamoru Hosoda, qui confirme sa place parmi les grands conteurs du cinéma d’animation actuel.

© 2026 (SL75)

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