Le gouvernement japonais a finalisé un plan visant à renforcer les conditions d’obtention de la résidence permanente pour les ressortissants étrangers. Cette réforme, qui entrera en vigueur en avril 2027, s’inscrit dans la nouvelle politique de gestion des résidents étrangers adoptée par l’exécutif en janvier dernier.

Jusqu’à présent, pour pouvoir demander la résidence permanente, un étranger devait en principe détenir un visa avec la durée de séjour la plus longue autorisée au moment de la demande, soit cinq ans. Toutefois, dans la pratique, une durée de séjour de trois ans était généralement considérée comme suffisante pour répondre à cette exigence.

Selon l’Agence des services d’immigration, cette tolérance avait été mise en place à titre transitoire. Avant 2012, la durée maximale standard de séjour pour de nombreux visas était en effet limitée à trois ans. Lorsque cette durée a été portée à cinq ans, les autorités avaient maintenu cette interprétation plus souple afin de faciliter la transition.
Plus d’une décennie s’est écoulée depuis cette réforme. Dans le cadre de la révision globale de sa politique à l’égard des ressortissants étrangers, le gouvernement a décidé d’appliquer strictement la règle des cinq ans. Les directives correspondantes ont été mises à jour le 24 février afin d’uniformiser l’interprétation de cette condition.

Parallèlement, les autorités entendent durcir l’application du statut de visa « ingénieur / spécialiste en sciences humaines / services internationaux », qui concerne notamment les ingénieurs, interprètes et autres professionnels qualifiés. L’objectif est de s’assurer que les travailleurs étrangers occupent effectivement des fonctions correspondant à leur qualification et au statut accordé.
Le gouvernement souhaite également renforcer la responsabilité des entreprises employant des travailleurs étrangers. Si une société est reconnue coupable de violations des droits des travailleurs — comme le non-paiement des salaires — à l’encontre de ressortissants étrangers, y compris certains travailleurs qualifiés, elle pourra se voir interdire d’en recruter pendant une période de cinq ans.

Cette interdiction s’appliquera notamment aux travailleurs titulaires du statut d’ingénieur, de spécialiste en sciences humaines ou de travailleur humanitaire. Les autorités prévoient de réviser les directives correspondantes dès le mois d’avril afin de mettre en œuvre ces nouvelles sanctions.
Enfin, de nouvelles obligations administratives entreront également en vigueur pour les agences de placement et les entreprises clientes. À partir de lundi, celles qui emploient des travailleurs étrangers titulaires de ces visas devront soumettre des documents attestant que les activités confiées correspondent bien au statut de séjour accordé, notamment sous la forme d’un engagement écrit.
Avec ces mesures, le gouvernement entend à la fois mieux encadrer l’accès à la résidence permanente et renforcer la protection des travailleurs étrangers, tout en responsabilisant davantage les entreprises qui les emploient.
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