À l’approche du 15e anniversaire du grand tremblement de terre de l’est du Japon, la reconstruction humaine autour de la centrale nucléaire de Fukushima reste inachevée. Dans les onze municipalités de la préfecture qui avaient été évacuées après l’accident de 2011, la population ne représente aujourd’hui qu’environ 20 % de celle d’avant la catastrophe.

Selon les autorités locales, ces communes ne comptent plus qu’environ 18 000 habitants, contre plus de 88 000 au moment du drame. Malgré la levée progressive des ordres d’évacuation entre avril 2014 et août 2022, une grande partie des anciens habitants a choisi de refaire sa vie ailleurs, dans les régions où elle avait trouvé refuge. La reprise démographique dépend largement du calendrier de réouverture des territoires. Dans les municipalités où les restrictions ont été levées plus tôt, le retour des habitants a été plus marqué. C’est notamment le cas de Naraha, où l’ordre d’évacuation a été levé pour toute la ville en septembre 2015. La commune compte aujourd’hui 4 436 habitants, soit 55,4 % de sa population d’avant la catastrophe, le taux de retour le plus élevé de la zone.

À l’inverse, les villes où les habitants ont été autorisés à revenir tardivement restent presque désertes. À Okuma, où l’ordre d’évacuation n’a été levé que partiellement en avril 2019, la population atteint 1 086 habitants, soit seulement 9,4 % de son niveau d’avant 2011. La situation est encore plus frappante à Futaba : l’ordre d’évacuation n’y a été partiellement levé qu’en août 2022, le plus tardivement parmi les municipalités concernées. La ville ne compte aujourd’hui que 193 habitants, soit 2,7 % de sa population d’avant la catastrophe. Dans ces deux communes, la reconstruction repose largement sur de nouveaux arrivants. À Okuma, ils représentent environ 70 % de la population, avec 748 nouveaux résidents. À Futaba, ils sont 104, soit un peu plus de la moitié des habitants actuels. Ces nouveaux venus participent activement à la renaissance des communautés locales.
Certaines initiatives visent d’ailleurs à encourager l’installation durable. À Okuma, l’ouverture en 2023 d’un établissement scolaire regroupant école primaire et collège a attiré plusieurs familles, séduites par les perspectives éducatives. Malgré ces signes de renouveau, la situation reste fragile. Dans sept municipalités, certaines zones demeurent inhabitables en raison de niveaux de radiation encore trop élevés. Le ministère japonais de l’Environnement poursuit les opérations de décontamination dans les secteurs où des habitants souhaitent revenir.
Les autorités espèrent pouvoir lever progressivement les derniers ordres d’évacuation à partir de l’exercice fiscal 2026. Quinze ans après la catastrophe, la reconstruction matérielle progresse, mais le retour des populations, lui, reste un défi majeur.
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