Deux manuscrits inconnus du grand public de l’écrivain japonais Kenzaburo Oe, lauréat du prix Nobel de littérature, ont récemment été découverts, a annoncé lundi l’Université de Tokyo lors d’une conférence de presse. Ces textes, longtemps restés dans l’ombre, offriraient un aperçu précieux des débuts littéraires de l’auteur alors qu’il n’était encore qu’étudiant.

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Selon les responsables de l’université, ces deux nouvelles abordent déjà avec force des thèmes qui deviendront centraux dans l’œuvre d’Oe : le sexe, la politique et les tensions sociales. Leur richesse thématique témoigne d’un talent en pleine formation et d’une promesse littéraire qui s’épanouira plus tard dans l’une des carrières les plus marquantes de la littérature japonaise contemporaine.

La première nouvelle, intitulée « Kurai Heya kara no Ryoko » (« Un voyage depuis une pièce sombre »), est rédigée sur 82 feuillets de papier genkoyoshi, traditionnellement utilisé pour l’écriture manuscrite au Japon. Le récit met en scène de jeunes étudiants et un membre du corps professoral d’une université qui affirme que ses droits humains ont été bafoués, laissant entrevoir une réflexion déjà profonde sur l’autorité et l’injustice. La date « 19 mai 1955 » figure à la fin du manuscrit. À cette époque, Kenzaburo Oe n’avait que 20 ans. Le texte aurait donc été écrit avant 1957, année où il publia « Shisha no Ogori » (« Les morts sont fastueux »), considéré jusqu’à présent comme son premier texte connu et celui qui marqua ses débuts professionnels dans une revue littéraire.

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La seconde œuvre, un court roman intitulé « Tabi e no Kokoromi » (« Une tentative de voyage »), compte 42 pages manuscrites sur papier genkoyoshi. Bien que plus brève, elle s’inscrit elle aussi dans cette période de formation de l’écrivain. La découverte de ces manuscrits relève presque du hasard. En novembre 2025, le petit-fils d’une femme qui tenait une pension où Oe avait vécu durant ses années d’études a contacté la bibliothèque Kenzaburo Oe de l’Université de Tokyo pour signaler leur existence. Après plusieurs examens, dont des analyses graphologiques confirmant leur authenticité, les documents ont été officiellement confiés à la bibliothèque de l’université.

Pour les chercheurs et les spécialistes de la littérature japonaise, ces textes constituent désormais des archives d’une valeur exceptionnelle, permettant d’éclairer les premiers pas créatifs d’un futur prix Nobel et de mieux comprendre la genèse d’une œuvre qui marquera durablement la littérature mondiale.

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