La tension est une nouvelle fois montée d’un cran entre Séoul et Tokyo. Le ministère des Affaires étrangères sud-coréen a convoqué ce dimanche le chef de mission adjoint de l’ambassade du Japon à Séoul, Hirotaka Matsuo, afin de lui signifier la vive protestation de la Corée du Sud contre un événement annuel organisé dans la préfecture de Shimane. Cette manifestation vise à réaffirmer la souveraineté japonaise sur les îlots de Dokdo, situés en mer de l’Est.

© (licence SL75)

Dans un communiqué, le porte-parole du ministère, Park Il, a exprimé la position ferme de Séoul. « Nous demandons encore une fois avec fermeté l’annulation immédiate de cet événement », a-t-il déclaré. Il a souligné que Dokdo « fait clairement partie de notre territoire du point de vue de l’histoire, de la géographie et du droit international », appelant Tokyo à mettre fin à ce qu’il qualifie de revendications injustifiées et à faire preuve d’humilité.

© (newscom/SL75)

Le différend autour de ces îlots rocheux, appelés Takeshima au Japon, empoisonne depuis des décennies les relations entre les deux voisins. Situés stratégiquement en mer de l’Est, ces territoires sont administrés par la Corée du Sud, qui y maintient un petit détachement de police.

Pour comprendre l’ampleur de la sensibilité du dossier, il faut remonter au début du XXe siècle. En 1905, en pleine expansion impériale, le Japon incorpore les îlots à son territoire. Quelques années plus tard, la péninsule coréenne est annexée par Tokyo et placée sous domination coloniale jusqu’en 1945. À la libération de la Corée, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Séoul affirme sa souveraineté sur Dokdo et en prend le contrôle effectif.

© (newscom/SL75)

Depuis, le Japon réaffirme régulièrement sa revendication, notamment à travers des documents officiels, des déclarations publiques et certains manuels scolaires. Chaque initiative en ce sens provoque des protestations immédiates de la part de la Corée du Sud, où la question de Dokdo est étroitement liée au souvenir douloureux de la colonisation japonaise.

Au-delà de la dimension territoriale, le différend symbolise ainsi un passé encore sensible et des mémoires nationales opposées. Malgré une coopération économique et sécuritaire croissante face aux défis régionaux, la question des îlots continue de fragiliser la relation bilatérale, rappelant que l’histoire demeure un facteur déterminant dans les équilibres diplomatiques en Asie de l’Est.

© 2026 (SL75)

Tendances