La ville de Daejeon s’apprête à transformer son paysage urbain. D’ici 2031, une tour d’observation de 215 mètres et un vaste réseau de téléphériques et de monorails verront le jour sur le mont Bomun, au cœur de la ville, dans le cadre d’un projet destiné à renforcer son attractivité touristique.

Mercredi, les autorités municipales ont annoncé que la Daejeon City Corporation piloterait l’initiative et en assurerait le financement par le biais d’obligations et d’autres mécanismes. L’investissement pour la seule tour est estimé à 48,9 milliards de wons (33,86 millions de dollars). L’édifice sera construit près de Manghyangtap, dans le quartier de Daesa-dong, district de Jung. S’il sera légèrement moins élevé que la célèbre N Seoul Tower, qui culmine à 236,7 mètres, la situation géographique jouera en faveur de Daejeon : le mont Bomun atteint environ 457 mètres d’altitude, contre 243 mètres pour le site de Namsan à Séoul. La future tour offrira ainsi un point d’observation globalement plus élevé.
Le design s’inspirera d’un vaisseau spatial, avec une façade multimédia destinée à rappeler le statut de Daejeon comme ville des sciences et de la recherche. L’observatoire, réparti sur deux niveaux, accueillera des restaurants, une boulangerie d’une marque locale renommée et une boutique dédiée aux produits dérivés de Kumdori, la mascotte municipale. Les soirs de victoire à domicile des Hanwha Eagles, l’équipe locale de baseball, la tour s’illuminera aux couleurs du club. Selon la municipalité, l’étude d’investissement a été finalisée et un concours d’architecture est en cours. Le maire, Lee Jang-woo, affirme que « la tour Bomunsan deviendra un emblème comparable à la tour N de Séoul ».
Le projet ne se limite pas à la construction de la tour. Un téléphérique de 2,4 kilomètres reliera O-World, parc d’attractions et zoo de la ville, à Sirubong, le point culminant du mont Bomun. Un monorail de 1,3 kilomètre assurera ensuite la liaison entre Sirubong et la tour d’observation. Les cabines du téléphérique, d’une capacité de dix passagers, pourront transporter jusqu’à 2,24 millions de visiteurs par an. Le coût est estimé à 72 milliards de wons pour le téléphérique et 64 milliards pour le monorail. Des bus électriques circuleront également sur un trajet de trois kilomètres entre la tour et le stade municipal de baseball. À Isa-dong, quartier voisin, les autorités prévoient la création d’un village de hanok, ces maisons traditionnelles coréennes, afin d’enrichir l’offre culturelle.
En parallèle, la ville investira 330 milliards de wons supplémentaires dans le « Projet de loisirs O-World » d’ici 2031. Les sites de Flower Land et Bird Land seront transformés en parc d’attractions modernisé. Les responsables municipaux ambitionnent d’y installer des manèges capables de rivaliser avec des références mondiales comme le Steel Dragon 2000, les plus longues montagnes russes du monde avec 2 479 mètres de rails, situées à Nagashima Spa Land, au Japon. Le projet prévoit également l’ajout d’attractions familiales à Joy Land, au sein d’O-World, ainsi que l’agrandissement du zoo, dont la superficie passera de 25 000 à plus de 33 000 mètres carrés, soit une hausse de plus de 30 %.
Pour le maire Lee, l’aménagement du mont Bomun et la rénovation d’O-World marqueront un tournant pour la ville. En s’appuyant sur la notoriété de ses boulangeries locales et de sa mascotte Kumdori, Daejeon entend se doter d’infrastructures capables de rivaliser avec les grandes destinations touristiques de la région et d’asseoir son image de métropole innovante.
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