Inventées au Japon dans les années 1960, les dalles podotactiles se sont imposées comme un outil essentiel pour l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. Reconnaissables à leurs reliefs perceptibles sous les pieds ou à l’aide d’une canne, elles guident les déplacements et signalent les zones à risque dans l’espace public. Aujourd’hui, ces dispositifs évoluent grâce aux nouvelles technologies, ouvrant la voie à une mobilité encore plus sûre et intuitive.

Imaginées en 1965 par l’inventeur japonais Seiichi Miyake et installées pour la première fois en 1967 à Okayama, les dalles podotactiles ont depuis conquis le monde. Normalisées à l’échelle internationale en 2012 à partir des standards japonais, elles sont devenues un symbole de l’accessibilité, largement remarquées notamment lors des Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. Leur couleur vive, souvent jaune, et leur contraste avec l’environnement facilitent également leur identification par les personnes malvoyantes. Au Japon, où la volonté de bâtir une société inclusive est forte, les dalles podotactiles font désormais l’objet d’innovations technologiques majeures. L’intégration d’informations encodées directement dans les revêtements permet, via un simple smartphone, de transmettre des indications vocales précises aux utilisateurs. Grâce aux progrès de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance d’images, certaines applications peuvent analyser les motifs des dalles et annoncer à voix haute des informations sur l’environnement, les directions à suivre ou les noms des lieux.

À Kanazawa, une équipe universitaire composée notamment de personnes malvoyantes a développé une application multilingue capable de lire ces informations en temps réel. L’outil propose aussi un mode d’évacuation en cas de catastrophe, utile non seulement aux personnes en situation de handicap visuel, mais aussi aux habitants, touristes et voyageurs étrangers. D’autres initiatives reposent sur l’utilisation de codes QR intégrés aux dalles podotactiles, notamment dans certaines gares japonaises. En tenant leur smartphone à la main, les utilisateurs reçoivent des instructions vocales continues leur permettant de se déplacer de manière autonome, sans devoir mémoriser l’agencement complexe des bâtiments ou solliciter une aide extérieure.

Enfin, de nouveaux prototypes expérimentaux vont encore plus loin. Des dalles équipées d’anneaux métalliques noirs insérés dans leurs reliefs peuvent être détectées par un smartphone en mouvement. Elles fournissent des informations vocales et directionnelles sans obliger l’utilisateur à s’arrêter. Conçue par une personne elle-même malvoyante en collaboration avec un fabricant d’instruments de précision, cette technologie vise une détection fiable et durable, même après une longue utilisation.
Si certains de ces dispositifs en sont encore au stade de test, l’accueil des utilisateurs est très positif. Ils illustrent l’engagement collectif du Japon en faveur d’une accessibilité renforcée et montrent comment l’innovation technologique peut transformer un outil déjà indispensable en un véritable compagnon de mobilité au quotidien.
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