le Parti libéral-démocrate (PLD), dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi, devrait conserver la majorité à la Chambre des représentants à l’issue des élections législatives de dimanche. Ce résultat ouvrirait la voie à la poursuite de son action gouvernementale, quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir.
Allié au Parti de l’innovation du Japon, le PLD est en passe de remporter au moins 233 sièges sur les 465 que compte la chambre basse, contre 198 avant le scrutin. Ensemble, les partis de la coalition au pouvoir pourraient atteindre 261 sièges, un seuil confortable qui leur permettrait de surmonter un obstacle majeur à la mise en œuvre de leur programme législatif.
À l’inverse, le principal parti d’opposition, l’Alliance réformiste centriste, devrait enregistrer un net recul. Cette formation, créée en janvier à partir de l’union de membres du Parti démocrate constitutionnel du Japon et du Komeito, verrait son poids parlementaire diminuer sensiblement, selon les estimations. Les bureaux de vote ont fermé à 20 heures dans l’ensemble du pays. De fortes chutes de neige, notamment dans la région de Tokyo, pourraient toutefois avoir pesé sur la participation. À 18 heures, le taux de participation s’élevait à 26,01 %, soit près de trois points de moins que lors des précédentes élections, d’après le ministère des Affaires intérieures et des Communications.

Sanae Takaichi, devenue en octobre dernier la première femme Première ministre du Japon et toujours très populaire dans l’opinion, avait affirmé qu’elle « démissionnerait immédiatement » si sa coalition échouait à obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Un scénario qui semble désormais peu probable au vu des projections. Près de 1 300 candidats étaient en lice pour les 465 sièges, dont 289 attribués dans des circonscriptions uninominales et 176 selon un scrutin proportionnel réparti sur 11 blocs régionaux. Le vote anticipé a atteint un niveau record, avec 27,02 millions d’électeurs ayant voté avant dimanche, soit environ six millions de plus qu’aux élections de 2024.
La campagne a été largement dominée par les préoccupations économiques. Face à la hausse persistante du coût de la vie, les principaux partis se sont engagés à alléger la pression fiscale sur les ménages, certains plaidant pour la suspension, voire la suppression, de la taxe à la consommation sur les produits alimentaires. Parallèlement, le gouvernement Takaichi, connu pour sa ligne dure en matière de sécurité, a mis en avant la nécessité de renforcer les capacités de défense du pays dans un contexte régional jugé de plus en plus instable. Avant la dissolution de la Chambre des représentants le mois dernier, la coalition au pouvoir ne disposait que d’une majorité fragile, assurée notamment par le soutien de quelques élus indépendants. Même en cas de victoire nette à la chambre basse, le gouvernement devra cependant composer avec une situation plus complexe à la Chambre des conseillers, où il reste minoritaire, rendant indispensable le dialogue avec l’opposition pour faire adopter les textes de loi.
Pour l’Alliance réformiste centriste, qui comptait 167 sièges avant le scrutin, ces élections constituaient un test crucial. Il s’agissait de la première occasion de mesurer l’adhésion du public à une alliance jugée improbable entre le Parti démocrate constitutionnel et le Komeito, ancien allié du PLD pendant 26 ans et soutenu par la Soka Gakkai, la plus grande organisation bouddhiste laïque du pays. Le Japon n’avait plus organisé d’élections générales en février depuis 36 ans. La décision de Sanae Takaichi de convoquer ce scrutin anticipé a suscité de vives critiques, notamment en raison des conditions météorologiques difficiles et du risque de retarder l’adoption du budget initial pour l’exercice 2026, normalement prévue avant le début de l’année fiscale en avril. La Première ministre a justifié ce choix en affirmant vouloir obtenir un mandat clair de la population pour conduire les « grands changements de politique » engagés depuis son arrivée au pouvoir, notamment sur les plans budgétaire et institutionnel.
Enfin, malgré une possible majorité confortable, le PLD resterait loin de son objectif de longue date de réviser la Constitution. Pour pouvoir soumettre un projet de réforme à référendum, le parti devrait disposer d’au moins 310 sièges, soit une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants, un seuil qui demeure hors de portée selon les projections actuelles.
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