À la veille des élections législatives, les dirigeants des partis japonais ont livré samedi leurs derniers arguments aux électeurs, dans un scrutin crucial qui déterminera si les politiques de la Première ministre Sanae Takaichi et la nouvelle coalition gouvernementale obtiendront un mandat clair.

Ce vote intervient dans un contexte d’inquiétudes croissantes concernant de fortes chutes de neige attendues dimanche dans de nombreuses régions du pays, susceptibles de peser sur la participation électorale. Le Parti libéral-démocrate (PLD), dirigé par Sanae Takaichi, et son partenaire minoritaire, le Parti de l’innovation du Japon (JIP), visent une majorité combinée à la puissante Chambre basse. Selon les sondages des médias, la coalition serait en passe de remporter une victoire écrasante. Lors de son dernier discours de campagne à Tokyo, à l’issue de douze jours d’une campagne intense, Sanae Takaichi, devenue en octobre la première femme Première ministre du Japon, a dressé un constat sévère de la situation économique du pays. Elle a estimé que « des décennies d’austérité budgétaire excessive et d’investissements insuffisants pour l’avenir » avaient affaibli le Japon.
Affirmant que le pays dispose encore d’un important potentiel de croissance grâce à sa solide base technologique, la cheffe du gouvernement s’est engagée à mettre en place de vastes incitations fiscales afin de stimuler l’investissement national. Considérée comme favorable à une politique budgétaire accommodante, elle a également déclaré qu’un yen faible constituait une « opportunité majeure » pour les industries exportatrices, soulignant que les réserves de change publiques « se portaient très bien ». Ces propos ont toutefois suscité des critiques, alors que la dépréciation du yen contribue à la hausse du coût de la vie en renchérissant les importations. Yoshihiko Noda, co-dirigeant du principal parti d’opposition, l’Alliance réformiste centriste, a vivement réagi lors d’un discours à Hachioji, dans l’ouest de Tokyo. « Un yen excessivement faible affecte les gens », a-t-il déclaré, accusant la Première ministre de « ne pas comprendre leurs sentiments ».
Les élections de dimanche sont les premières à la Chambre basse depuis l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi. Elles se tiennent seulement un an et quatre mois après le précédent scrutin d’octobre 2024, soit bien avant la fin du mandat de quatre ans des députés. D’après les projections médiatiques, le PLD pourrait obtenir plus de 233 sièges, contre 198 auparavant, assurant ainsi à la coalition une majorité confortable au sein de cette assemblée de 465 sièges. À l’inverse, l’Alliance réformiste centriste, créée le mois dernier par la fusion du Parti démocrate constitutionnel du Japon et du Komeito, pourrait subir un net recul par rapport aux 167 sièges qu’elle détenait avant les élections.
Le camp PLD-JIP s’est constitué en octobre, après la rupture historique du Komeito avec le PLD, mettant fin à une alliance de 26 ans. Avant la dissolution de la Chambre basse à la fin du mois dernier, le gouvernement Takaichi ne disposait que d’une majorité très fragile, soutenue par quelques députés indépendants. Yoshihiko Noda a également dénoncé la décision de la Première ministre d’organiser des élections générales seulement 16 jours après la dissolution de la chambre, soit le délai le plus court de l’après-guerre. Selon lui, ce choix constitue « un manque de respect envers la démocratie » et risque d’empêcher de nombreux électeurs de se rendre aux urnes.
Les conditions météorologiques pourraient accentuer cette tendance. De fortes chutes de neige sont prévues le jour du scrutin dans une grande partie du Japon, y compris dans des régions habituellement moins exposées, le long de la côte pacifique. Face à ce risque, Sanae Takaichi et plusieurs responsables du PLD ont appelé les électeurs à voter par anticipation, une stratégie visant à tirer parti de la popularité actuelle du gouvernement et à maximiser la participation électorale.
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