La question des résidents étrangers est devenue un thème central de l’élection de la Chambre des représentants organisée ce dimanche au Japon. Face à l’augmentation continue du nombre d’étrangers vivant dans le pays, les partis politiques tentent de répondre aux inquiétudes d’une partie de l’opinion publique par des propositions visant à renforcer la gestion et le contrôle de cette population.

Selon l’Agence japonaise des services de l’immigration, le nombre de résidents étrangers a atteint un record de 3 956 619 personnes à la fin juin 2025, soit 3,2 % de la population totale. Les projections officielles estiment que cette proportion pourrait dépasser 10 % d’ici 2070, dans un contexte de vieillissement rapide et de déclin démographique. Ces évolutions suscitent des débats politiques contrastés. Le parti populiste Sanseito a mis en avant une ligne dure sous le slogan « les Japonais d’abord », appelant à un contrôle renforcé de l’immigration et des résidents étrangers, une position qui lui a valu des gains électoraux lors de précédents scrutins. Cette stratégie a poussé les autres partis à se positionner plus clairement sur le sujet.

Le Parti de l’innovation du Japon propose ainsi des plafonds stricts sur l’immigration, tandis que certaines formations d’opposition défendent une approche plus favorable à la construction d’une société multiculturelle. Le Parti libéral-démocrate au pouvoir a, pour sa part, évoqué un durcissement des contrôles migratoires et des discussions sur la réglementation des acquisitions foncières par des étrangers. Des experts soulignent toutefois les limites d’une approche uniforme. Les résidents étrangers regroupent des profils variés, allant des travailleurs qualifiés aux étudiants et touristes, rendant difficile l’application de politiques identiques. Ils mettent également en garde contre le risque de stigmatisation, rappelant que les comportements problématiques concernent une minorité.
Alors que le nombre de travailleurs étrangers dépasse désormais 2,5 millions, leur présence apparaît appelée à s’inscrire dans la durée. Les analystes estiment que le principal défi réside désormais dans l’élaboration de politiques équilibrées, capables de répondre aux préoccupations de la population tout en favorisant une coexistence stable et organisée au sein de la société japonaise.
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