À quelques kilomètres seulement des tours et des plages animées de Haeundae, Cheonsapo offre un tout autre visage de Busan. Ce petit port de pêche, accroché à la côte comme un secret bien gardé, semble ralentir le temps. Ici, la mer n’est pas un décor mais une présence vivante, omniprésente, qui façonne les paysages, les habitudes et les récits.

Cheonsapo doit son nom à une vieille légende locale, transmise de génération en génération. On raconte qu’une femme y attendit inlassablement son mari parti en mer. Elle planta des pins face à l’horizon pour garder l’espoir. Touché par sa fidélité, le roi dragon des océans aurait permis aux amants de se retrouver dans son royaume sous-marin. Cette histoire imprègne encore les lieux, donnant aux rochers, aux arbres et à la mer une dimension presque mythique.
Longtemps, Cheonsapo n’a été qu’un modeste point d’ancrage pour les pêcheurs de la côte est de Busan. Le port s’est développé autour d’une activité simple et essentielle : la pêche et la récolte d’algues, toujours au cœur de la vie locale. Les rails de l’ancienne voie ferrée qui longent la mer rappellent une époque où les trains frôlaient les vagues, reliant les villages côtiers et ouvrant progressivement Cheonsapo au reste de la ville. Aujourd’hui encore, l’âme du port reste intacte. À l’aube, les bateaux rentrent au quai, chargés de filets humides et de prises fraîches, tandis que les pêcheurs s’affairent dans un ballet précis et silencieux. L’après-midi, le port s’apaise, rythmé par le clapotis de l’eau et les pas des promeneurs venus respirer l’air marin. Au coucher du soleil, la lumière transforme la baie en un tableau mouvant, où le ciel et la mer se confondent.

Les deux phares emblématiques de Cheonsapo, dressés face à l’horizon, veillent sur ce quotidien immuable. Ils sont devenus l’un des symboles du lieu, repères pour les marins comme pour les visiteurs, silhouettes familières découpées sur la ligne de la mer.
Autour du port, la vie contemporaine s’est installée sans jamais effacer l’authenticité du village. Les restaurants de fruits de mer attirent les amateurs de palourdes grillées et de plats simples, dégustés face à l’océan. Les cafés, perchés le long de la côte, offrent des pauses agréables, entre le passage discret d’un train et le va-et-vient des bateaux.
Cheonsapo incarne ainsi un équilibre rare. À la fois village de pêcheurs et refuge paisible aux portes d’une grande métropole, il rappelle que si Busan est une ville tournée vers l’avenir, elle est aussi un territoire profondément ancré dans sa relation à la mer.
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