En salles en France à partir du 11 février 2026, Aucun autre choix (Not Other Choice) marque le grand retour de Park Chan-wook, réalisateur emblématique de Old Boy et Mademoiselle. Avec cette adaptation du roman The Ax, le cinéaste sud-coréen livre une fable sociale grinçante et implacable sur les ravages de la compétition économique contemporaine.
You Man-su est un homme comblé. Employé dans une usine de papier, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens et la maison qu’il a construite. Une existence ordinaire, stable, presque idéale. Mais lorsqu’il est soudainement licencié, cet équilibre s’effondre. Incapable d’accepter la perte de son statut social et la dégradation de la vie qui l’accompagnait, Man-su se lance dans une quête obsessionnelle pour retrouver sa place. Peu à peu, cette détresse se transforme en une logique froide et radicale : pour reconquérir son bonheur, il n’aurait, selon lui, « aucun autre choix » que d’éliminer ses concurrents.
Si le film est tiré du même roman que Le Couperet de Costa-Gavras, Park Chan-wook s’éloigne résolument du réalisme social pour proposer une approche plus stylisée et satirique. Aucun autre choix se rapproche davantage de Parasite dans sa dimension de fable noire, où l’absurde et la violence révèlent la brutalité d’un système fondé sur la peur du déclassement.

Visuellement, le film impressionne par un style d’une grande maîtrise, immédiatement reconnaissable. Park Chan-wook mêle le réalisme cru de la crise économique à des scènes baroques, traversées par une violence stylisée et parfois teintée d’un humour noir déconcertant. La mise en scène, millimétrée, transforme les espaces du quotidien — bureaux, maisons, rues anonymes — en terrains de chasse anxiogènes. La musique accompagne parfaitement ces compositions visuelles, notamment lors d’une séquence marquante où un classique de la pop coréenne vient souligner, de façon presque irréelle, une tentative d’assassinat.
Le film repose en grande partie sur la performance remarquable de Lee Byung-hun, qui incarne You Man-su. L’acteur donne chair à la descente aux enfers de ce père de famille ordinaire avec une justesse saisissante. Son jeu, tout en nuances, rend la transformation du personnage à la fois bouleversante et glaçante, renforçant l’inconfort moral que le film instille chez le spectateur. A ses côtés, la talentueuse et charismatique Son yee Jin brille dans le rôle d’épouse.
Aucun autre choix s’impose ainsi comme une œuvre forte et dérangeante. Un film exigeant, qui peut désarçonner lors d’un premier visionnage tant il regorge de symboles et de réactions ambivalentes. C’est une réussite majeure, qui s’affirme d’ores et déjà comme l’un des événements cinématographiques de 2026 en France, confirmant une fois de plus le talent singulier de Park Chan-wook pour sonder les zones les plus sombres de l’âme humaine et de nos sociétés.
- « Not other choice » (Aucun autre choix) 어쩔수가없다
- Réalisation: Park Chan-wook
- Scénario: Lee Ja- hye
- Musique : Jo Yeong-wook
- Cinématographie : Kim Woo-hyung
- Production: CJ ENM Studios et Moho Film
- Casting: Lee Byung- hun, Son Ye- jin, Park Hee-soon, Lee Sung-min
- Durée: 139 mn
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