Le drapeau sud-coréen, connu sous le nom de Taegeukgi, est l’un des symboles nationaux les plus profondément ancrés dans l’histoire et la pensée de la Corée. Son apparition remonte à la fin du XIXe siècle, une période charnière marquée par l’ouverture progressive du royaume de Joseon au monde extérieur et par de profondes mutations politiques. Jusqu’alors, la Corée ne disposait pas d’un drapeau national officiel, une situation devenue problématique dans le contexte des relations diplomatiques modernes.

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En 1882, lors de négociations avec le Japon, la nécessité d’un emblème national se fait sentir. Inspiré par les principes de la philosophie orientale et par le Livre des Mutations (I Ching), le Taegeukgi est conçu l’année suivante et adopté officiellement en 1883 sous la dynastie Joseon. En 1897, avec la proclamation de l’Empire coréen, il s’impose définitivement comme le drapeau national, affirmant la souveraineté et l’identité du pays face aux influences étrangères.

Son design, à la fois simple et profondément symbolique, reflète une vision harmonieuse de l’univers. Le fond blanc, couleur traditionnelle du peuple coréen, évoque la pureté, la paix et l’intégrité morale. Au centre, le taegeuk, cercle rouge et bleu, illustre l’équilibre entre le yin et le yang, deux forces opposées mais indissociables qui régissent l’ordre naturel. Cette dualité exprime l’idée que le changement et la stabilité coexistent et se complètent.

Autour du cercle central, quatre trigrammes noirs — geon, gon, gam et ri — occupent les angles du drapeau. Issus de l’I Ching, ils représentent respectivement le ciel, la terre, l’eau et le feu, ainsi que les principes fondamentaux du mouvement, de la transformation et de la continuité. Leur disposition n’est pas le fruit du hasard : elle traduit l’harmonie entre les éléments et souligne la place de l’être humain au cœur d’un univers en perpétuel équilibre.

Malgré les bouleversements de l’histoire, notamment la période de l’occupation japonaise au début du XXe siècle, le Taegeukgi demeure un symbole de résistance et d’espoir pour le peuple coréen. Il est brandi lors des mouvements pour l’indépendance et devient, après la libération en 1945, un marqueur fort de l’identité nationale de la République de Corée. Aujourd’hui encore, il incarne la continuité historique, les valeurs spirituelles et la volonté d’harmonie qui définissent la nation sud-coréenne.

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