Le Japon a enregistré en 2025 un nombre record de suicides chez les enfants, pour la deuxième année consécutive, malgré une baisse globale des suicides dans le pays. Selon des données préliminaires du gouvernement publiées jeudi, 532 enfants et adolescents se sont donné la mort, soit trois de plus que l’année précédente. Il s’agit du chiffre le plus élevé jamais observé depuis le début des statistiques en 1980.

Cette hausse préoccupante contraste avec la tendance nationale. Le nombre total de suicides a reculé à 19 097, passant pour la première fois depuis des décennies sous le seuil des 20 000 décès. Les hommes ont représenté 13 117 cas, en baisse de 684, tandis que les femmes ont compté 5 980 décès, soit 539 de moins qu’un an auparavant. Chez les moins de 19 ans, le phénomène reste alarmant. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le nombre de suicides d’enfants dépasse chaque année la barre des 500, selon le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales. En 2025, 352 élèves du lycée se sont suicidés, suivis de 170 collégiens et de 10 élèves du primaire.
La répartition par sexe montre une quasi-parité : 277 filles ont mis fin à leurs jours, soit 13 de moins que l’année précédente, tandis que le nombre de garçons a augmenté de 16 pour atteindre 255 cas. Les causes identifiées révèlent la pression croissante qui pèse sur les jeunes. Des problèmes liés à l’école ont été cités dans 316 suicides de personnes âgées de 19 ans ou moins, les difficultés de santé dans 315 cas et les problèmes familiaux dans 181 situations. Ces facteurs se recoupent souvent, illustrant la complexité des souffrances vécues par les adolescents.

Dans l’ensemble de la population, les problèmes de santé restent la principale cause évoquée, avec 11 293 cas. Les difficultés économiques et les problèmes de la vie quotidienne ont été mentionnés dans 5 359 suicides, les situations de surendettement étant particulièrement fréquentes. Les conflits familiaux ont, quant à eux, été associés à 4 198 décès. Le taux de suicide s’est établi à 15,4 pour 100 000 habitants, en baisse d’un point par rapport à l’année précédente.
Si cette diminution globale est encourageante, la persistance d’un nombre élevé de suicides chez les enfants et les adolescents souligne l’urgence de renforcer les dispositifs de prévention, de soutien psychologique et d’accompagnement au sein des familles et du système scolaire.
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