Quand on pense à Tokyo, on imagine aussitôt une mégalopole tentaculaire, des néons, des gares bondées et une vie urbaine trépidante. Pourtant, l’une des facettes les plus surprenantes de la capitale japonaise se trouve loin du béton et du tumulte, au cœur de l’océan Pacifique. Administrativement rattachés à Tokyo, les archipels de Izu et de Ogasawara dessinent un Japon insulaire, sauvage et profondément dépaysant.

© (licence SL75)

À quelques heures seulement du centre-ville, l’archipel de Izu s’étire vers le sud le long de la plaque volcanique. Ses îles, dont Izu Ōshima, Hachijō-jima ou encore Niijima, offrent un visage brut et contrasté. Volcans actifs, falaises escarpées, plages de sable noir ou blanc et sources thermales en plein air composent un décor spectaculaire. Ici, la nature impose son rythme. Les randonneurs arpentent des sentiers volcaniques aux vues imprenables sur l’océan, tandis que les amateurs de plongée explorent des fonds marins riches en poissons tropicaux.

© (licence SL75)

Les îles de Izu sont aussi une terre de traditions. Longtemps utilisées comme lieux d’exil, elles ont conservé une identité forte, marquée par des festivals locaux, une cuisine simple et maritime, et un mode de vie intimement lié à la mer. Leur relative proximité avec Honshū en fait une échappée prisée des Tokyotes en quête de calme, sans pour autant renoncer au confort moderne.

Plus au sud encore, à près de mille kilomètres de la capitale, l’archipel de Ogasawara semble appartenir à un autre monde. Surnommé les « Galápagos du Japon », cet ensemble d’îles n’a jamais été relié au continent, ce qui a favorisé le développement d’une biodiversité exceptionnelle. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, Ogasawara abrite des espèces endémiques rares, tant sur terre que sous l’eau.

© (licence SL75)

L’accès à ces îles, uniquement par bateau après plus de vingt heures de traversée, renforce leur caractère isolé. Mais l’effort est largement récompensé. Les visiteurs découvrent des plages immaculées, des eaux turquoise peuplées de dauphins et de baleines, ainsi qu’une atmosphère hors du temps. L’histoire humaine y est tout aussi singulière, façonnée par des vagues successives de colons japonais et occidentaux, dont l’héritage culturel se ressent encore aujourd’hui.

À travers les archipels de Izu et de Ogasawara, Tokyo révèle une dimension inattendue. Loin d’être uniquement une capitale urbaine, elle est aussi une porte ouverte sur l’océan, la nature et l’aventure. Ces îles rappellent que le Japon est avant tout un pays maritime, où la relation entre l’homme et la mer demeure essentielle. Une invitation à regarder Tokyo autrement, au-delà de ses gratte-ciel, vers l’horizon infini du Pacifique.

Tendances