Dans l’air vif de l’hiver, la silhouette des toits de chaume recouverts de neige dégage une chaleur presque irréelle. Alignées le long d’une route rectiligne, les maisons d’Ōuchi-juku semblent figées dans un décor immuable, comme si le temps s’était arrêté il y a quatre siècles. Niché dans les montagnes de la préfecture de Fukushima, ce village offre aujourd’hui aux visiteurs un rare témoignage du Japon de l’époque d’Edo.

© (licence SL75)

Fondé au XVIIᵉ siècle, Ōuchi-juku était autrefois une ville de relais prospère située sur la route Aizu-Nishi Kaidō, un axe essentiel reliant la région d’Aizu à Nikkō. Marchands, samouraïs et fonctionnaires y faisaient halte pour se reposer, se restaurer ou changer de monture avant de poursuivre leur long voyage. Les auberges traditionnelles, appelées hatago, accueillaient les voyageurs dans un cadre simple mais chaleureux, tandis que les maisons servaient également de boutiques et de lieux de vie. Cette organisation linéaire, typique des villes de relais japonaises, est restée intacte jusqu’à aujourd’hui.

© (licence SL75)

Consciente de la valeur exceptionnelle de ce patrimoine, la communauté locale a mis en place une charte des habitants visant à protéger l’authenticité du village. Trois règles fondamentales interdisent la vente, la location et la démolition des maisons traditionnelles, garantissant ainsi la préservation du paysage historique. Les habitants s’engagent également à apprendre et à transmettre les techniques ancestrales de couverture en chaume, un savoir-faire exigeant mais essentiel à la survie du village.

© (licence SL75)

À Ōuchi-juku, la sauvegarde du passé est un effort collectif, porté par la volonté de transmettre aux générations futures l’âme intacte d’un Japon ancien.

© 2026 (SL75)

Tendances