Au Japon, les festivals rythment la vie quotidienne et donnent au calendrier une densité exceptionnelle. On estime aujourd’hui à plus de 300 000 le nombre de festivals ouverts au public à travers l’archipel, un chiffre vertigineux qui illustre à quel point la fête est indissociable de la culture japonaise.

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Cette profusion trouve ses racines dans le rapport étroit que les Japonais entretiennent depuis des siècles avec les saisons. Le pays connaît quatre saisons bien distinctes, chacune marquée par ses rites et ses célébrations. Au printemps, lorsque la nature renaît, les populations se rassemblaient pour prier en faveur de récoltes abondantes et d’une pêche prospère. L’été, souvent humide et autrefois propice aux épidémies, donnait lieu à des festivals hauts en couleur destinés à chasser les mauvais esprits et les pensées sombres. C’est aussi durant cette période que l’on honorait les âmes des ancêtres venues rendre visite au monde des vivants.

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À l’automne, les bonnes récoltes devenaient un motif de gratitude envers les dieux, tandis que l’hiver offrait un temps de recueillement pour remercier les divinités de l’année écoulée et formuler des vœux de protection pour celle à venir. Ces célébrations successives montrent combien les Japonais ont appris à accompagner les transitions de la nature en mêlant prières, fêtes et reconnaissance.

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La multitude de festivals s’explique également par une croyance ancienne selon laquelle les divinités habitent partout : dans la mer, les montagnes et les rivières, mais aussi dans les maisons, les rochers au bord des routes ou encore les sanctuaires. On dit souvent qu’il existe autant de festivals que de divinités. À cela s’ajoutent les nombreux rites shintoïstes et bouddhistes, pratiqués aussi bien dans les temples que dans les foyers, faisant grimper le nombre total de célébrations à un niveau impressionnant.

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Dans certains festivals, les divinités shinto cohabitent avec le Bouddha ; dans d’autres, des créatures symboliques comme des lions ou de gigantesques serpents sont vénérées au même titre que des esprits protecteurs. Cette diversité témoigne d’une pensée japonaise profondément ouverte, capable d’intégrer des croyances multiples sans les opposer.

Ainsi, au Japon, chaque saison, chaque lieu et parfois chaque jour peut devenir une occasion de célébrer. Plus qu’un simple héritage du passé, les festivals demeurent aujourd’hui encore une expression vivante du lien entre les hommes, la nature et le sacré.

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